Le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) publie un rapport de 11 pages accablant sur le traitement judiciaire réservé à l’ex-coordonnateur général de la sécurité présidentielle, Jean Laguel Civil. L’organisation dit constater de “graves irrégularités” et exige sa libération sous conditions.
Dans un document rendu public cette semaine, le GADH affirme avoir identifié plusieurs violations potentielles des droits fondamentaux de Jean Laguel Civil, détenu dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021.
Le rapport analyse notamment le respect du droit à un procès équitable, de la présomption d’innocence, et du traitement humain, tels que garantis par la Constitution haïtienne et les conventions internationales.
Selon le GADH, ces manquements soulèvent de sérieux doutes quant à la conduite du dossier.
Le récit de Jean Laguel Civil au cœur du document
Le GADH indique avoir réalisé une rencontre en ligne avec M. Civil. Celui-ci y retrace son parcours, son rôle au Palais national et sa version des faits liés à la nuit de l’assassinat.
Le rapport rappelle aussi les responsabilités exactes du poste qu’il occupait :
Jean Laguel Civil était Coordonnateur général de la sécurité présidentielle, nommé par le président par l’intermédiaire du secrétaire général du Palais national.
Ce poste, essentiellement politique, consiste à coordonner les unités sécuritaires, non à assurer la sécurité rapprochée.
Contrairement aux unités comme le CAT Team, l’USGPN, l’USP, le CIMO ou les AIC, il ne faisait pas partie de la garde rapprochée.
La sécurité immédiate du président reposait exclusivement sur les Agents in Charge (AIC) présents ce soir-là :
Jean Alex, alias Carlo
Bouquette Junior
Lysius Zacharie
Brun Yvon
François Vilmont
Fait majeur soulevé par le GADH : aucun de ces agents n’a été convoqué par la justice haïtienne depuis l’assassinat.
Des zones d’ombre persistantes
Le rapport met en avant ce qu’il qualifie d’« angle mort judiciaire » dans le dossier.
Le GADH s’interroge :
Pourquoi les agents chargés de protéger physiquement le président n’ont-ils jamais été arrêtés, interrogés ou poursuivis ?
Comment expliquer que ceux ayant pour mission de « protéger le chef de l’État jusqu’au sacrifice » échappent totalement au regard de la justice ?
Qui assure leur protection ? Et pour quelles raisons ?
Selon l’organisation, ces absences d’auditions, ces omissions et ces contradictions constituent des failles majeures dans la compréhension de l’assassinat.
Une demande claire : libération conditionnelle de Jean Laguel Civil
En conclusion, le GADH demande aux autorités judiciaires d’accorder une liberté conditionnelle à Jean Laguel Civil.L’organisation se dit prête à se porter garante de sa disponibilité pour toute audition, “en toute sécurité et sans pression extérieure”.
Le GADH précise ne prendre position ni sur la culpabilité ni sur l’innocence de M. Civil. Son objectif : garantir un traitement équitable, humain et transparent du dossier.
Pour l’organisation de défense des droits humains, cette affaire révèle des dysfonctionnements profonds au sein de l’appareil sécuritaire haïtien. Le rapport souligne l’urgence de clarifier les responsabilités réelles des agents présents la nuit du meurtre.
RL News
