Le soleil de Nassau filtrait à travers les vitres du bâtiment officiel lorsque Dern Jovens Bonhomme est apparu, costume bien ajusté, regard concentré, tenant dans ses mains les documents qui allaient sceller le début de sa mission.
Ce vendredi 28 novembre 2025, l’ambassadeur haïtien s’avançait vers la Gouverneure générale Cynthia A. Pratt pour remettre ses lettres de créance — un geste simple, mais lourd de symboles, dans une région où chaque signe diplomatique compte.
Dans le silence presque cérémoniel de la salle, les regards étaient fixés sur cette poignée de main qui ouvrait un nouveau chapitre des relations haïtiano-bahaméennes. Un chapitre attendu, surtout par les milliers d’Haïtiens qui vivent et travaillent dans l’archipel, souvent dans la discrétion, parfois dans la crainte.
L’air était léger, mais les enjeux lourds.
En prenant officiellement ses fonctions, Bonhomme héritait d’un dossier complexe, où se croisent la migration, la sécurité maritime, la coopération économique et les espérances d’une communauté dispersée aux quatre coins des îles bahaméennes.
Ce jour-là, pourtant, rien n’avait l’allure d’un simple protocole.Chaque geste faisait écho à une attente : celle d’un État haïtien qui cherche à retrouver sa voix, et celle d’une population expatriée qui espère enfin être entendue.
Après la signature des documents officiels, l’ambassadeur a parlé d’une voix mesurée mais ferme.
Il a évoqué la nécessité d’un dialogue constant entre Port-au-Prince et Nassau, la responsabilité de défendre les intérêts d’Haïti et l’obligation morale d’accompagner les migrants haïtiens, trop souvent oubliés dans les débats publics.
Ses paroles semblaient résonner contre les murs de la salle, comme un rappel que la diplomatie n’est pas qu’affaire de discours, mais aussi de présence, de proximité, de constance.
Le poids des attentes sur ses épaules
À l’extérieur, le vent marin transportait l’odeur du sel et les échos lointains du port.
Dans les rues de Nassau, des travailleurs haïtiens continuaient leur journée, peut-être sans savoir que, quelques kilomètres plus loin, un ambassadeur venait de prendre l’engagement de porter leur voix.
La tâche qui l’attend dépasse les cérémonies. Elle traverse les camps de migrants, les zones de travail où les Haïtiens se battent pour survivre, les bureaux de l’immigration où chaque dossier raconte une histoire souvent douloureuse.
Bonhomme sait que sa mission ne sera pas faite de tapis rouges, mais de réalités urgentes.
RL News
