Dans une lettre ouverte, la coalition CNTP interpelle directement les membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et les exhorte à adopter une résolution jugée essentielle à la survie institutionnelle du pays à l’approche du 7 février 2026.
Le CNTP ne s’adresse pas à une institution abstraite, mais à des individus. Selon la coalition, chaque conseiller et conseillère du CSPJ est investi d’un rôle de “gardien du temple de la Justice”, doté d’un pouvoir régalien par la Constitution et la loi du 13 novembre 2007.
Dans ce contexte de crise politique et de vide institutionnel, la coalition estime que le pouvoir judiciaire ne peut plus se retrancher derrière la neutralité administrative.
La fin d’une “fiction gouvernementale”
Pour le CNTP, le 7 février 2026 constitue une échéance majeure. La coalition affirme que cette date marquera la fin de la “fiction gouvernementale” actuelle. À partir de ce moment, soutient-elle, l’inaction du CSPJ cesserait d’être une simple posture institutionnelle pour devenir un “acte de démission nationale”.
Neutralité ou renoncement ?
Le premier reproche formulé par le CNTP vise l’usage du devoir de réserve. La coalition juge que la neutralité institutionnelle n’est plus soutenable face à l’effondrement des fondements républicains.
“Si le socle républicain s’effondre, l’institution perdra sa raison d’être”, indique le texte. Sans État, souligne-t-il, il n’existe ni Conseil, ni Magistrature. Pour le CNTP, la survie du CSPJ dépend donc de la survie même de la République.
Deuxième argument : l’“état de nécessité”.
Face à la faim, à l’insécurité et au vide politique, la coalition estime que le peuple haïtien se trouve en situation de “détresse absolue”. Dans de telles circonstances, la “Théorie de la Formalité Impossible” justifierait la mise en œuvre d’une “Doctrine Républicaine”, permettant aux institutions de s’adapter pour sauvegarder la continuité de l’État.
Enfin, le CNTP en appelle au pouvoir décisionnel du CSPJ. La coalition demande l’adoption de la Résolution 001-2026, présentée comme l’unique “Sextant Républicain” permettant d’organiser un intérim judiciaire de second degré et de sortir le pays du chaos institutionnel. Selon le texte, cette résolution n’est pas une option, mais une voie obligatoire pour restaurer un cadre républicain.
Entre mémoire et responsabilité
La lettre se clôt sur un enjeu de mémoire. Pour le CNTP, l’histoire retiendra moins les communiqués prudents que les décisions courageuses. Les conseillers du CSPJ seraient ainsi placés face à un choix : contribuer à sauver la République ou être “enterrés sous ses décombres”.
À l’approche de février 2026, cet appel place le pouvoir judiciaire au centre du débat sur la transition. Reste à savoir si le CSPJ assumera ce rôle stratégique ou s’en tiendra à une neutralité qui, selon ses détracteurs, pourrait se transformer en renoncement.
RL News
