Un ingénieur haïtien de la diaspora appelle les autorités à permettre la participation des Haïtiens de l’étranger à l’élection présidentielle, en s’appuyant sur la carte d’identification biométrique Dermalog et sur des solutions de vote sécurisées, à distance ou dans les représentations diplomatiques.
Washington , le 9 mars 2026.–Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et au Conseil électoral provisoire (CEP), l’ingénieur Alex St-Gardien Jecrois plaide pour l’intégration effective de la diaspora dans le processus électoral présidentiel. Selon lui, Haïti dispose déjà d’une partie des outils nécessaires, notamment grâce au système national d’identification biométrique.
Une diaspora centrale pour l’économie
La population haïtienne vivant à l’étranger est estimée entre un et deux millions de personnes, principalement aux États-Unis, en République dominicaine, au Brésil, au Chili, au Canada et en France. Cette diaspora constitue l’une des principales sources de transferts financiers vers Haïti et joue un rôle majeur dans le soutien aux familles et à l’économie nationale.
Pour l’auteur de la lettre, l’exclusion de cette population du vote présidentiel crée un décalage entre son poids économique et sa participation politique.
La carte Dermalog comme base d’identification
Le système d’identification nationale biométrique Dermalog, déjà utilisé pour délivrer les cartes d’identité haïtiennes, permet selon lui de vérifier l’identité des électeurs et de garantir l’unicité du vote grâce aux données biométriques.
De nombreux Haïtiens de la diaspora, notamment en République dominicaine, disposent déjà de cette carte, ce qui pourrait faciliter leur participation à un scrutin organisé à l’étranger.
L’ingénieur estime qu’un cadre réglementaire adopté par le CEP pourrait permettre d’utiliser ce dispositif pour authentifier les électeurs vivant hors du territoire.
Des précédents dans d’autres pays
Plusieurs pays permettent déjà à leurs citoyens de voter depuis l’étranger lors d’élections nationales. Le Mexique, par exemple, organise le vote de sa diaspora via les consulats, le vote postal et certaines solutions électroniques.
Ces modèles montrent, selon la lettre, qu’il existe des solutions techniques et institutionnelles pour intégrer les électeurs expatriés dans les processus électoraux.
Vote en ambassade et vote en ligne
Le modèle proposé combine plusieurs modalités de vote pour la diaspora :
vote en personne dans les ambassades et consulats, avec vérification via la carte Dermalog ;
vote à distance via une plateforme sécurisée, avec authentification forte et traçabilité technique ;
interconnexion avec les systèmes de centralisation des résultats du CEP.
L’auteur évoque également l’utilisation d’infrastructures numériques sécurisées, incluant des technologies de registre distribué, afin de garantir l’intégrité et l’auditabilité du processus.
Proposition d’un groupe de travail
La lettre recommande la création d’un groupe de travail réunissant représentants du gouvernement, du CEP, des institutions d’identification nationale, de la diaspora et des experts techniques. Ce groupe aurait pour mission d’élaborer, dans un délai de 60 à 90 jours, un plan opérationnel pour le vote de la diaspora.
Elle suggère également un projet pilote dans plusieurs circonscriptions consulaires, notamment à Washington, Montréal, Paris, São Paulo, Santiago et Saint-Domingue, avant une éventuelle généralisation.
Restaurer la légitimité électorale
Selon l’ingénieur, l’intégration de la diaspora dans l’élection présidentielle pourrait contribuer à renforcer la légitimité des institutions et la confiance dans le processus électoral.
Il affirme enfin se tenir prêt à présenter l’expérience technique de son entreprise dans le domaine du vote sécurisé, dans un cadre transparent et concurrentiel.
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