Par Yves MANUEL
Dans le cadre des « Petits déjeuners de travail avec le Chancelier », le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Son Excellence Monsieur Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, a reçu le Doyen du Corps consulaire honoraire en Haïti, Monsieur Dimitri N. Leger. Au-delà du protocole, cette rencontre pose une question stratégique majeure : comment transformer le réseau consulaire honoraire en instrument opérationnel au service de la sécurité et de la relance économique d’Haïti ?
Longtemps perçu sous un angle essentiellement honorifique, le Corps consulaire mérite aujourd’hui une lecture renouvelée. Dans un contexte marqué par l’insécurité et le ralentissement des investissements, les consuls honoraires représentent un capital relationnel considérable. Implantés dans des sphères économiques et diplomatiques diverses, ils disposent d’un accès privilégié à des réseaux d’affaires, à des décideurs et à des investisseurs potentiels. Structuré et orienté vers des objectifs clairs, ce réseau peut devenir un vecteur concret de coopération économique et de repositionnement international.
L’enjeu principal réside dans la structuration. L’engagement du Doyen à consulter rapidement l’ensemble des consuls honoraires afin d’établir un mécanisme de travail durable constitue une étape décisive. Une coordination renforcée permettra d’aligner les initiatives sur les priorités nationales, d’éviter la dispersion des efforts et de créer une synergie entre diplomatie économique et politiques publiques. Sans cadre commun, l’action reste fragmentée ; avec une stratégie partagée, elle devient un levier d’impact.
La dimension économique de cette dynamique est centrale. En facilitant le commerce bilatéral et en encourageant les investissements étrangers, les consuls honoraires peuvent contribuer à stimuler des secteurs créateurs d’emplois et à restaurer la confiance des partenaires internationaux. Or, la confiance est un facteur déterminant dans tout processus de relance. Elle influence les flux d’investissement, la stabilité des partenariats et la perception globale du pays.
La sécurité, elle aussi, s’inscrit indirectement dans cette équation. Les initiatives économiques structurantes participent à la réduction des vulnérabilités sociales, créent des opportunités pour les jeunes et renforcent le tissu productif local. La diplomatie consulaire, lorsqu’elle soutient l’investissement et l’activité économique, devient ainsi un acteur complémentaire des politiques de stabilisation.
Cette rencontre marque donc un signal politique clair : la diplomatie haïtienne ne peut plus se limiter à la représentation ; elle doit devenir un outil stratégique de transformation. Le Corps consulaire honoraire, s’il est pleinement mobilisé et coordonné, peut incarner cette nouvelle orientation.
Le défi désormais est celui de la mise en œuvre. L’efficacité ne se mesurera pas aux intentions, mais aux résultats : investissements facilités, projets accompagnés, partenariats consolidés. C’est à cette condition que la diplomatie consulaire pourra réellement contribuer à la relance d’Haïti et à la reconstruction de la confiance nationale et internationale.
Yves MANUEL
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