Discours de Laurent Saint-Cyr : entre devoir de mémoire, appel à la stabilité et engagement pour l’avenir
À l’occasion de la cérémonie marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), tenue ce samedi 7 février 2025, Laurent Saint-Cyr a prononcé un discours empreint de solennité, de lucidité et de responsabilité historique. Dans un contexte national encore fragile, il a tenu à rappeler les fondements de la lutte démocratique haïtienne tout en traçant les perspectives pour l’avenir immédiat du pays.
D’entrée de jeu, Laurent Saint-Cyr a rendu un hommage appuyé à toutes celles et ceux qui ont perdu la vie dans le combat pour l’instauration et la défense de la démocratie en Haïti. Quarante ans après le retour à l’ordre constitutionnel, a-t-il souligné, la démocratie haïtienne demeure chancelante, marquée par des coups d’État successifs, des crises politiques récurrentes et des drames majeurs, dont l’assassinat du président Jovenel Moïse. Ces épreuves, a-t-il rappelé, n’ont toutefois pas réussi à faire plier l’État.
« L’État reste debout », a affirmé le président du CPT, mettant en avant les progrès réalisés en matière de sécurité, malgré les défis persistants. Il a insisté sur le fait que des améliorations notables ont été enregistrées, tout en reconnaissant que la situation exige encore vigilance, détermination et coordination des efforts.
Laurent Saint-Cyr a également souligné que des chantiers essentiels ont été lancés afin de conduire le pays vers l’organisation d’élections crédibles. Selon lui, le retour à la légitimité démocratique passe impérativement par un processus électoral inclusif et sécurisé. Dans cette perspective, il a rappelé qu’en 2026, le développement du pays ne saurait bénéficier à une seule frange de la société, déclarant avec force que « le chaudron du développement ne doit pas continuer à bouillir d’un seul côté ».
Dans son adresse, il a encouragé le Premier ministre à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que le dialogue politique se poursuive sans interruption. Il a plaidé en faveur d’un accord politique solide, capable de rassembler les forces vives de la nation autour d’objectifs communs et durables. Appelant au calme, il a exhorté la population et les acteurs politiques au respect strict des institutions républicaines.
Abordant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr a tenu à rassurer la nation : la dissolution du CPT ne créera aucun vide institutionnel. Le Conseil des ministres, sous la direction du Premier ministre, assumera pleinement la conduite de l’État. Les priorités demeurent claires : sécurité, élections, dialogue politique et stabilité.
Conscient de la gravité de l’heure, il a souligné que le Premier ministre mesure le poids de la responsabilité qui repose désormais sur ses épaules. Il devra concentrer son action sur ces priorités fondamentales, car, a conclu Laurent Saint-Cyr, « il n’a pas droit à l’échec ».
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