La région des Palmes fait face à une forte pression démographique et à des indicateurs sociaux en dégradation, selon un diagnostic communautaire présenté par l’Université Populaire de la Région des Palmes (UPRP).
L’Université Populaire de la Région des Palmes (UPRP) présente son Diagnostic communautaire 2026 sur la région des Palmes, réalisé en partenariat avec MEDIC HAITI, Mouvement Point Final et ATPO.
Cette étude s’inscrit dans un programme de recherche lancé en 2025 sur cinq grandes régions du pays : le Grand Nord, le Grand Sud, le Centre, la région métropolitaine de Port-au-Prince et la région des Palmes. Les travaux portent sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies à l’horizon 2030.
Pression démographique accrue
La région des Palmes regroupe quatre communes côtières : Gressier, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve. Située entre un massif montagneux à l’est et la mer à l’ouest, elle connaît depuis 2021 un afflux de populations déplacées en raison de l’insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon le rapport, la population régionale, estimée à environ 500 000 habitants en 2020, atteindrait désormais entre 700 000 et 800 000 habitants. Léogâne concentre une part importante de cette croissance, avec une population estimée à près de 350 000 habitants, contre 200 000 à 250 000 auparavant. Gressier a, pour sa part, été fortement affectée par les violences armées depuis 2024, provoquant des déplacements massifs vers les communes voisines.
Indicateurs sociaux en recul
Le diagnostic relève une dégradation des indicateurs de développement humain.
Dans le secteur de l’éducation, le taux de non-scolarisation reste élevé. Sur 100 enfants scolarisés, 65 % achèvent le troisième cycle fondamental, 35 % terminent le secondaire et 3,2 % entament des études universitaires. Sur une dizaine d’institutions d’enseignement supérieur recensées dans la région, trois seulement sont reconnues par l’État.
En matière de santé, le rapport souligne la fréquence des grossesses précoces, la progression des infections sexuellement transmissibles et l’insuffisance des services de santé génésique. Il signale également l’absence de structures spécialisées en santé mentale et en gériatrie. La malnutrition infantile et la mortalité maternelle et infantile figurent parmi les préoccupations identifiées.
Accès limité aux services de base
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement demeure limité. Le rapport note l’absence de site formel de décharge publique et des pratiques d’élimination des déchets non contrôlées. La gestion des eaux usées et des déchets solides est décrite comme insuffisante, dans un contexte d’urbanisation rapide.
Les infrastructures routières, notamment la route nationale #2 et les axes secondaires, sont en mauvais état. Les services de télécommunication et d’internet sont jugés instables.
Activité économique fragilisée
Le rapport fait état d’un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes. Le secteur agro-industriel est en recul. À Léogâne, la filière canne à sucre est en déclin, avec l’abandon progressif de plantations et d’unités de transformation.
Le commerce informel, notamment la vente de vêtements usagés importés, progresse depuis la détérioration de la sécurité sur les principaux axes reliant la région à Port-au-Prince. L’inflation locale est estimée entre 25 % et 30 %, affectant les produits de première nécessité et les matériaux de construction.
Environnement et aménagement
Le diagnostic mentionne la dégradation des sols, le déboisement, les difficultés de gestion des bassins versants et l’urbanisation non planifiée. Les zones littorales sont confrontées à la dégradation des récifs coralliens.
L’UPRP indique que ce diagnostic vise à fournir des données de référence pour orienter les politiques publiques locales et renforcer l’alignement des initiatives régionales sur les ODD.
Rédaction : Ulysse Jean Chenet
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