L’Alliance Vertières publie une note de protestation dans laquelle elle conteste le rôle de la communauté internationale et de la CARICOM dans la gestion de la crise haïtienne, qu’elle juge contraire à la souveraineté nationale. Le mouvement appelle à une prise en charge interne de la transition politique.
Delmas, 31 janvier 2026 .–Depuis plusieurs années, les décisions majeures concernant l’avenir politique d’Haïti se prennent en dehors du pays, affirme l’Alliance Vertières dans un communiqué diffusé vendredi à Delmas. L’organisation met en cause l’implication directe de la communauté internationale, avec l’appui de certaines instances régionales, notamment la Communauté des Caraïbes (CARICOM), dans l’orientation et le contrôle de la gouvernance haïtienne.
Selon le mouvement, ces interventions se font sous couvert de médiation, de transition ou de recherche de stabilité, mais reposent sur des schémas jugés inefficaces et dépourvus de légitimité populaire. L’Alliance Vertières rappelle que la CARICOM est une organisation à vocation essentiellement économique, issue de la CARIFTA, et estime qu’elle ne dispose pas de mandat pour intervenir dans les affaires politiques internes d’un État tiers.
Le communiqué dénonce également le choix récurrent, par des acteurs internationaux, de personnalités haïtiennes décrites comme discréditées pour conduire ou négocier des processus de transition. Ces dispositifs, selon l’Alliance, n’ont produit ni résultats durables ni reconstruction institutionnelle.
L’organisation met en cause la responsabilité de la classe politique traditionnelle, qu’elle accuse d’avoir renoncé à sa mission de défense de l’intérêt national au profit d’intérêts de groupe, facilitant ainsi les ingérences extérieures. Elle estime que cette attitude constitue une rupture avec l’héritage des fondateurs de l’État haïtien.
L’Alliance Vertières affirme qu’Haïti ne relève d’aucune tutelle et ne saurait servir de terrain d’expérimentation politique. Elle appelle à une mobilisation nationale fondée sur trois principes : le caractère non négociable de la souveraineté nationale, le respect effectif de la volonté populaire et la rupture avec la corruption, la dépendance et l’ingérence étrangère.
« Aucune solution imposée de l’extérieur ne sauvera Haïti », affirme le communiqué, qui rejette les transitions élaborées hors du pays et plaide pour une refondation portée par des acteurs haïtiens jugés compétents et responsables.
Le texte se conclut par un appel à la responsabilité historique et à la préservation de l’héritage de Jean-Jacques Dessalines, figure fondatrice de l’indépendance haïtienne.
Le document est signé par Sonet Jean Noel, secrétaire général de l’Accord Alliance Vertières.
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