La transition haïtienne subit une nouvelle secousse. Le Département d’État américain a annoncé, le 24 novembre, des sanctions contre Fritz Alphonse Jean, ancien coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT) et figure influente de l’Accord Montana. Cette décision, révélée par l’Associated Press, expose une fois de plus les fragilités d’une gouvernance déjà sous tension.
Washington affirme que Fritz Alphonse Jean soutient des groupes armés et freine les efforts visant à réduire l’emprise des gangs terroristes. Les autorités américaines évoquent aussi des gestes qui auraient ralenti les initiatives de stabilisation et compromis la lutte contre les organisations criminelles responsables d’une grande partie du chaos sécuritaire en Haïti.
Ces accusations renforcent les doutes sur la capacité du leadership transitoire à se couper définitivement de tout réseau criminel, un point crucial pour la réussite du processus politique.
Un contexte déjà fragile pour le CPT
Ces restrictions de visa arrivent à un moment critique. Le CPT peine à préserver son unité, à maintenir une ligne stratégique cohérente et à convaincre qu’il peut conduire Haïti vers des élections crédibles et inclusives.
Chaque fissure interne, chaque controverse, nourrit la perception d’une transition hésitante, parfois même paralysée par des rivalités internes et une absence de vision claire.
À Port-au-Prince, la décision américaine tombe comme un coup supplémentaire porté à une autorité déjà fragilisée par l’insécurité généralisée et l’incapacité persistante de l’État à reprendre le contrôle de zones de non-droit.
En ciblant Fritz Alphonse Jean, Washington envoie un avertissement sans ambiguïté :
la transition ne peut restaurer sa crédibilité qu’en rompant tout lien suspect avec les acteurs armés.
À défaut d’un positionnement ferme, les sanctions internationales continueront de peser lourd sur un processus politique déjà miné par la défiance.
Cette nouvelle mesure reflète aussi l’inquiétude grandissante de la communauté internationale face à une transition qui peine à trouver un cap, alors que les gangs étendent leur influence et que la population attend un signal fort de rupture et de responsabilité.
Jose Darline Pierre Louis
RL News
