Un document adressé aux autorités de transition et aux partenaires internationaux estime que l’organisation d’élections à court terme en Haïti est compromise par le déplacement massif de population, les failles du système d’identification et l’absence d’audit du fichier national.
Washington, 22 fév 2026 — Un mémorandum officiel appelle les autorités de transition haïtiennes à engager, dans un délai de 90 jours, des mesures « urgentes et coordonnées » afin de garantir l’intégrité et l’inclusivité du prochain processus électoral.
Le document, signé par l’ingénieur Alex St-Gardien Jecrois et adressé notamment à l’Office national d’identification (ONI) ainsi qu’à des partenaires internationaux comme le Programme des Nations unies pour le développement, l’Organisation des États américains, la Communauté des Caraïbes, l’Organisation internationale pour les migrations, la Banque interaméricaine de développement, l’Union européenne et l’Agence des États-Unis pour le développement international, identifie trois facteurs majeurs de fragilisation du processus électoral.
Déplacement massif et identification défaillante
Selon le texte, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, dans un contexte d’extension de la violence armée, notamment autour de Port-au-Prince ainsi que dans les départements du Centre et de l’Artibonite.
Cette situation entraîne la perte de documents d’identité, l’impossibilité pour de nombreux citoyens de regagner leur commune d’origine et l’inadéquation d’un système de vote fondé sur la résidence fixe.
Le mémorandum souligne également des dysfonctionnements persistants du système national d’identification, dont la modernisation biométrique a débuté en 2019. Des retards administratifs, des frais jugés irréguliers et des difficultés de remplacement des cartes sont signalés. Un audit indépendant du fichier de l’ONI, recommandé depuis 2023, n’a pas encore été réalisé.
Audit et identification d’urgence
Le document recommande en priorité la mise en place d’un audit international indépendant du registre de l’ONI afin d’évaluer l’intégrité des données, d’identifier d’éventuels doublons ou incohérences et de publier un rapport assorti de recommandations.
Il propose également le déploiement d’unités mobiles sécurisées pour délivrer des documents d’identification aux personnes déplacées internes, la mise en place de certificats temporaires avec validation biométrique et la suppression des frais irréguliers.
Parmi les autres mesures avancées figurent l’adaptation des mécanismes de vote — notamment la création de centres spéciaux dans les zones sécurisées ou l’assouplissement des règles de résidence — ainsi qu’un plan conjoint de sécurisation des infrastructures électorales avec la Police nationale d’Haïti et des partenaires internationaux.
Feuille de route sur 90 jours
Le mémorandum fixe cinq priorités immédiates : la signature du mandat d’audit du registre, le déploiement d’unités mobiles d’identification, la cartographie actualisée des mouvements de population, l’élaboration d’un plan national de sécurité électorale et la publication d’une feuille de route détaillée.
Le texte estime que l’organisation d’élections sans réponse préalable aux défis liés au déplacement massif, aux lacunes du registre d’identification et à l’insécurité « compromettrait leur légitimité » et risquerait d’aggraver la crise institutionnelle.
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