Alors que le pays marque la Journée internationale pour de la violence à l’égard des femmes, le Collectif Défenseurs Plus tire la sonnette d’alarme. L’organisation constate une explosion des violences numériques visant les femmes et les filles, un phénomène encore peu reconnu mais de plus en plus destructeur dans un pays déjà ravagé par l’insécurité.
En Haïti, les violences basées sur le genre prennent des formes multiples. Aujourd’hui, elles se déplacent aussi sur les réseaux sociaux, où les femmes subissent insultes, menaces, intimidation sexuelle et campagnes de dénigrement. Selon l’Institut Panos, huit contenus sur dix diffusés sur TikTok dénigrent les femmes. Un chiffre glaçant qui reflète l’ampleur des dérives numériques.
Dans de nombreux quartiers, l’insécurité oblige déjà des familles entières à fuir. Des femmes se retrouvent dans des camps de fortune, privées de ressources et constamment exposées aux agressions physiques ou sexuelles. À cette réalité brutale s’ajoute désormais la violence virtuelle, qui poursuit ses victimes bien au-delà de leur lieu de refuge.
Une absence de cadre légal qui laisse les victimes sans défense
La Banque mondiale estime que moins de 40 % des pays membres de l’ONU disposent de lois contre le harcèlement en ligne. Haïti n’en fait pas partie.
Ici, les plaintes pour violences numériques restent rares, faute de mécanismes efficaces et d’un système judiciaire capable de répondre aux agressions virtuelles. Résultat : les auteurs agissent en toute impunité.
Pour Défenseurs Plus, cette absence de protection encourage un cycle de violences qui atteint directement la dignité, la sécurité et la liberté des femmes et des filles haïtiennes.
Un appel clair : reconnaître la violence numérique comme une menace réelle
Le Collectif insiste : la violence en ligne n’est pas virtuelle, elle est réelle. Elle brise des vies, isole des jeunes filles, détruit des réputations et renforce les discriminations sexistes.
L’organisation invite l’État, la société civile, mais aussi les plateformes numériques à agir. Tous les espaces, qu’ils soient en ligne ou hors ligne, doivent devenir sûrs, inclusifs et exempts de violences sexistes.
Face à la montée des attaques numériques, Défenseurs Plus réaffirme son engagement pour une société plus juste, plus équitable et plus respectueuse des droits humains.
RL News
