Le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) a publié un rapport de neuf pages dans lequel il dresse un tableau particulièrement sombre du fonctionnement du secteur des droits humains au cours des vingt dernières années en Haïti.
Dans ce document, l’organisme affirme que le discours de certains acteurs se présentant comme défenseurs des droits humains aurait été instrumentalisé à des fins politiques, judiciaires et financières. Le GADH cite notamment le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, qu’il accuse d’utiliser ce secteur comme « levier d’influence ».
Selon le rapport, ces méthodes ne seraient pas nouvelles. Le GADH évoque plusieurs dossiers ayant suscité de fortes tensions au sein de l’opinion publique, parmi lesquels l’affaire dite du massacre de La Scierie à Saint-Marc en 2004, le dossier Calixte Valentin, les accusations liées à l’utilisation par les forces de l’ordre de drones kamikazes en 2025, ainsi que des dénonciations visant l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol.
L’organisation pointe également d’autres dérives qu’elle estime préoccupantes dans le milieu des droits humains : fabrication de fausses accusations, détentions prolongées jugées arbitraires ou encore instrumentalisation de procédures judiciaires contre des acteurs politiques ou institutionnels.
Tout en formulant ces critiques, le GADH rappelle que sa mission en tant qu’organisation de défense des droits humains est centrée sur la documentation des violations, la protection de l’intégrité des institutions, ainsi que la défense des personnes afin de permettre à la justice et à la police de remplir pleinement leur rôle au service de la population.
Pour conclure, le rapport considère que la manipulation de la justice constitue une menace potentielle pour les droits humains et pour l’État de droit en Haïti — un risque qui, selon l’organisme, mérite une vigilance accrue au sein de la société civile.
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