Du 16 au 30 novembre 2025, la diplomatie haïtienne concentre ses efforts sur la sécurité nationale, la transition institutionnelle et le renforcement de ses partenariats multilatéraux, notamment au sein de l’espace francophone.
PORT-AU-PRINCE, le 4 février 2026.– Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) multiplie les initiatives diplomatiques entre le 16 et le 30 novembre 2025, avec pour priorités le rétablissement de la sécurité, l’accompagnement de la transition politique et le repositionnement d’Haïti sur la scène internationale.
Point d’orgue de cette séquence, la participation d’Haïti à la 46ᵉ Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF46), tenue du 18 au 20 novembre à Kigali, au Rwanda, permet aux autorités haïtiennes de réaffirmer leur engagement au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Placée sous le thème « 30 ans après Beijing : le rôle des femmes dans l’espace francophone », la conférence porte sur l’égalité de genre et la participation des femmes à la gouvernance.
En amont, Haïti prend part à la 132ᵉ session du Conseil permanent de la Francophonie, réunissant représentants et hauts responsables des États et gouvernements membres et observateurs autour des questions de gouvernance, de paix et de développement durable.
Lors de ses interventions, le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, expose les priorités du gouvernement de transition, centrées sur la restauration de la sécurité et des institutions républicaines. Il souligne la nécessité de renforcer les capacités nationales, notamment celles de la Force de répression des gangs (FRG), créée à la suite de l’adoption de la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le chef de la diplomatie haïtienne indique que la sécurisation du territoire conditionne l’organisation d’élections crédibles. Il fait état d’avancées dans le processus électoral, avec la mobilisation de 65 millions de dollars sur un budget estimé à 137 millions, l’identification de plus de 60 % des bureaux de vote et la transmission d’un projet de décret électoral par le Conseil électoral provisoire.
Les débats de la CMF46 mettent également l’accent sur la situation des femmes dans les contextes de crise. Les autorités haïtiennes rappellent les enjeux liés à la protection des femmes et des filles contre les violences armées. À ce titre, la représentante d’ONU Femmes en Haïti, Marie Goretti Nduwayo, intervient pour alerter sur l’impact des violences des gangs sur les populations féminines. En marge de la conférence, le MAEC désigne un point focal genre afin de renforcer la coordination avec ONU Femmes.
La secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, réaffirme le soutien de l’organisation à Haïti, notamment en matière de sécurité publique et d’accompagnement de la transition institutionnelle.
En parallèle, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste mène plusieurs rencontres bilatérales avec des responsables de l’OIF, du Canada, de l’Autriche et du Rwanda. Les échanges portent sur la crise sécuritaire et humanitaire, le déploiement de la FRG et le renforcement de la coopération internationale. Avec Kigali, les discussions évoquent une coopération accrue en matière de sécurité, incluant l’éventualité d’un appui opérationnel et l’envoi d’une mission exploratoire en Haïti.
Sur le plan bilatéral, le MAEC intensifie également le dialogue avec la France, le Royaume-Uni et le Canada. À Port-au-Prince, les autorités haïtiennes discutent avec l’ambassadeur de France de l’acquisition d’équipements spécialisés pour les forces de sécurité. À Londres, le ministre sollicite l’appui britannique en équipements, tandis que des échanges ont lieu avec Ottawa sur le renforcement de la coopération logistique et maritime dans la région caraïbe.
Enfin, le ministère conduit une mission diplomatique et consulaire au Brésil du 15 au 22 novembre, dans le cadre d’un projet d’ouverture de nouveaux consulats généraux à São Paulo, Salvador et Florianópolis. L’objectif est de moderniser les services consulaires et de renforcer les liens avec la diaspora haïtienne.
À travers cette séquence diplomatique, les autorités haïtiennes affichent leur volonté de consolider la sécurité, de soutenir la transition démocratique et de renforcer la crédibilité internationale du pays.
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