PORT-AU-PRINCE, 29 mars 2026 — Le mouvement haïtien Idantite Nasyonal a salué le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies du 25 mars 2026, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, tout en appelant la communauté internationale à aller au-delà d’une reconnaissance symbolique et à engager un processus de réparations.
Dans une déclaration publiée après le vote, l’organisation a remercié le Ghana, qui a présenté la proposition devant l’Assemblée générale.
Selon le mouvement, cette décision représente une avancée importante dans la reconnaissance des injustices historiques liées à la traite transatlantique des esclaves.
Cependant, Idantite Nasyonal affirme que la reconnaissance seule ne suffit pas.
« Sans justice, sans réparations et sans responsabilité, cette reconnaissance risque de rester un geste symbolique », indique la déclaration.
Les puissances occidentales pointées du doigt
Le mouvement rappelle que la traite transatlantique et l’esclavage ont constitué un pilier économique majeur pour plusieurs puissances occidentales, notamment en Europe.
La déclaration mentionne en particulier la France et d’autres États européens, accusés d’avoir construit une partie de leur richesse grâce à l’exploitation des populations africaines et afro-descendantes.
Idantite Nasyonal dénonce également le manque de progrès sur la question des réparations, un débat régulièrement soulevé par plusieurs États des Caraïbes et organisations panafricaines.
Le cas d’Haïti et la dette de l’indépendance
Le mouvement évoque aussi la dette imposée à Haïti par la France au XIXe siècle, après l’indépendance du pays en 1804.
Haïti avait été contrainte d’accepter une indemnité destinée à compenser les anciens colons français pour la perte de leurs plantations et de leurs esclaves.Selon de nombreux historiens, cette dette a lourdement pesé sur l’économie haïtienne pendant plus d’un siècle.
Critiques envers les États-Unis et Israël
Dans son communiqué, Idantite Nasyonal critique également la position des États-Unis et d’Israël, affirmant qu’ils se sont opposés à certaines initiatives internationales visant à reconnaître officiellement l’esclavage comme crime contre l’humanité.
Le mouvement estime que ces positions soulèvent des questions sur la cohérence des engagements internationaux en matière de droits humains.
Un appel à la conscience historique
Idantite Nasyonal appelle par ailleurs les Haïtiens, en Haïti et dans la diaspora, à se réapproprier leur histoire et à renforcer la mémoire collective autour de la révolution haïtienne.
Le mouvement rend hommage aux figures majeures de l’indépendance, dont Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines et Alexandre Pétion, qu’il décrit comme des symboles du combat pour la dignité humaine.
Foi et justice
Dans sa déclaration, l’organisation invite également les chrétiens haïtiens à réfléchir au lien entre foi et justice, affirmant que la religion ne devrait pas être utilisée pour ignorer ou justifier les injustices historiques.
Appel aux réparations
Pour Idantite Nasyonal, la reconnaissance internationale de l’esclavage constitue une étape importante mais incomplète.
Le mouvement appelle désormais à des mesures concrètes, notamment des réparations et une reconnaissance des responsabilités historiques.
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