Sterline Civile, ancien fonctionnaire de l’État, réagit avec fermeté à la sanction visant Fritz Alphonse Jean. Il y voit une attaque directe contre la souveraineté haïtienne et accuse certains acteurs étrangers de franchir une ligne rouge dans les affaires internes du pays.
Sterline Civile ne mâche pas ses mots. Selon lui, la décision qui vise Fritz Alphonse Jean dépasse largement les divergences politiques habituelles. Elle touche au cœur de ce qui reste de souveraineté en Haïti. Il estime que la question ne concerne ni un individu ni un bloc politique. Elle concerne le droit fondamental du peuple haïtien à décider seul, sur son territoire, de ses dirigeants et de ses orientations.
Pour Sterline Civile, dialoguer avec la communauté internationale reste utile. Mais il refuse que ce dialogue se transforme en tutelle. « On peut coopérer. Mais on ne peut pas accepter qu’une ambassade menace un Conseiller-Président parce qu’il remplit sa mission », affirme-t-il.
“La diplomatie offre mille chemins, ils ont choisi la menace”
L’ancien fonctionnaire rappelle que les acteurs internationaux disposaient de nombreuses options. Ils pouvaient rassembler les deux blocs du Conseil présidentiel et le Premier ministre autour d’une table. Ils pouvaient encourager un échange public, clair, avec des propositions et des arguments.
Ils ont préféré les pressions et les sanctions. Sterline Civile dénonce un choix dangereux. Il estime que cette démarche renforce les tensions. Elle affaiblit l’équilibre fragile du processus de transition. Elle donne aussi l’image d’une communauté internationale qui refuse la voie diplomatique au profit de la coercition.
Selon Sterline Civile, cette sanction dépasse sa cible. Elle frappe toute la nation. « Quand un chargé d’affaires décide d’ajuster à sa convenance l’équilibre du Conseil présidentiel, il ridiculise le pays entier », martèle-t-il.
Il explique que cette intervention envoie un message clair à la population : la voix de chaque Haïtien pèserait moins qu’un visa retiré ou qu’un communiqué étranger. Pour lui, cette logique ramène Haïti au rang de “mineur politique”, incapable de résoudre ses propres différends.
Sterline Civile appelle le pays à répondre avec dignité. Il ne réclame pas une rupture avec ses partenaires. Il demande simplement un rapport d’égal à égal. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue transparent, d’une parole assumée, d’un respect mutuel.
« Haïti peut coopérer, négocier, discuter. Mais Haïti doit refuser qu’on lui dicte sa politique interne », insiste-t-il.
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