Dans un courrier adressé au Coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, Laurent St-Cyr, l’expert en relations internationales Ernst Pierre Vincent exprime sa profonde inquiétude face aux pressions diplomatiques exercées sur Haïti après les sanctions visant Fritz Alphonse Jean. Sans s’attaquer personnellement à St-Cyr, il l’invite à un sursaut national et à une posture plus affirmée pour défendre la souveraineté du pays.
Fort Lauderdale, 27 novembre 2025 — La lettre envoyée par le Dr Ernst Pierre Vincent à Laurent St-Cyr circule depuis plusieurs heures sur les réseaux et dans les cercles politiques. Rédigé après la communication du Coordonnateur à ses pairs, le texte reflète le malaise d’un expert qui observe une transition en difficulté face aux pressions étrangères.
Vincent affirme avoir lu la lettre de St-Cyr avec « amertume » et « inquiétude », non pour contester l’homme, mais pour alerter sur ce qu’il considère comme un moment décisif pour la souveraineté haïtienne.
Vincent appelle à une posture plus ferme face aux pressions diplomatiques
Au cœur de son texte, Vincent s’adresse directement au Coordonnateur. Il l’invite à reconsidérer la réponse institutionnelle donnée aux sanctions visant Fritz Alphonse Jean, qu’il juge trop conciliante face aux exigences venues de l’extérieur.
Selon lui, Haïti traverse une phase où chaque mot compte, et où les dirigeants doivent adopter une ligne plus claire afin de dissiper tout doute quant à leur engagement envers la souveraineté nationale.
Vincent souligne :« Le pays attend un leadership lucide et ferme, à la hauteur de son droit imprescriptible à l’autodétermination. »
Son message s’adresse à St-Cyr non comme un blâme, mais comme une exhortation : il l’appelle à se placer du côté de la dignité nationale dans un contexte d’ingérence croissante.
Le Dr Vincent revient également sur un passage clé de la lettre de St-Cyr : la notion de stabilité invoquée pour justifier la prudence du Conseil.
Il ne s’oppose pas au Coordonnateur, mais l’interroge : quelle stabilité peut exister dans un pays livré à la violence, à la destruction des institutions et à l’impunité ?
Pour lui, la stabilité ne peut être un argument valable si elle masque un effondrement plus profond. Il invite St-Cyr à considérer que la stabilité réelle naît d’une fermeté souveraine, non d’une retenue face aux pressions étrangères.
Un appel à prendre pleinement la mesure d’un moment historique
Loin d’un affrontement personnel, la lettre de Vincent s’inscrit dans une démarche d’interpellation citoyenne.
Il rappelle au Coordonnateur que sa fonction lui impose un devoir historique : défendre la nation dans un contexte où Haïti subit des influences extérieures qu’il juge excessives.
Selon lui, le Conseil présidentiel doit se repositionner clairement pour envoyer un message d’autorité et de cohésion, plutôt que de laisser planer l’idée d’une direction fragilisée.
Le ton du Dr Vincent est sévère, mais il ne vise pas Laurent St-Cyr en tant qu’individu. Il critique des choix institutionnels, des signaux politiques, des tensions diplomatiques — pas l’homme à qui il écrit.
Un appel à un nouveau départ
Le texte de Vincent appelle à une réaction forte du Conseil et à un refus clair de toute action étrangère jugée intrusive.
L’objectif affiché demeure national :
réaffirmer la souveraineté d’Haïti et replacer le leadership transitoire sur une ligne de défense résolue des intérêts du pays.
Cette lettre pourrait ouvrir un nouvel espace de discussion au sein du Conseil et dans l’opinion publique.
Elle témoigne de l’impatience croissante d’une partie des élites intellectuelles face à une transition qui avance sous de multiples pressions.
Le geste de Vincent ne constitue pas une attaque contre St-Cyr, mais un appel à la responsabilité d’un dirigeant clé au moment où Haïti doit choisir entre prudence diplomatique et affirmation souveraine.
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