Réunis ce dimanche au parc Midoré, à Delmas 33, à l’initiative de la plateforme Anfòs pou Ayiti, des militants issus de plusieurs organisations de la société civile du département de l’Ouest ont pris part à un grand rassemblement citoyen. Cette mobilisation visait à dire non à l’ingérence étrangère, à la corruption, au gaspillage des biens publics et au Conseil présidentiel de transition (CPT), tout en ouvrant un espace de réflexion sur l’avenir du pays.
Intervenant au cours de cette rencontre, Lydent Garnier a dénoncé les multiples dérives qui fragilisent l’État haïtien. Il a exprimé sa vive inquiétude face à l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du CPT, soulignant l’incertitude totale qui plane sur la gouvernance du pays après cette échéance. Selon lui, Haïti se trouve à un tournant décisif et a urgemment besoin d’un gouvernement au service exclusif de la nation, capable de rompre avec l’ingérence, la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.
Pour sa part, Walson Sanonn, président de la plateforme Anfòs pou Ayiti, a salué le travail des coordinations du département de l’Ouest pour leur engagement dans la réussite de cette initiative. Il a insisté sur la nécessité d’un rassemblement de tous les Haïtiens, appelant les acteurs évoluant dans les sphères du pouvoir à entendre la raison.
Selon lui, la crise actuelle est une responsabilité collective : « Nous avons contribué au chaos que traverse le pays, et c’est à nous, Haïtiens, de le résoudre. »
Walson Sanonn a exhorté la population à une prise de conscience nationale, affirmant que personne d’autre que les Haïtiens ne peut sortir le pays de cette situation. Tout en précisant qu’il ne rejette pas les relations avec l’étranger, il a déploré le fait qu’Haïti soit devenue un espace où les puissances étrangères s’ingèrent avec une grande facilité dans les affaires internes. Il estime que la situation actuelle est le résultat direct de ces ingérences, lesquelles ont favorisé les inégalités sociales et aggravé la violence, proportionnelle, selon lui, au niveau d’injustice sociale.
Le président d’Anfòs pou Ayiti a appelé l’État à assumer pleinement ses responsabilités en créant les conditions nécessaires pour permettre aux citoyens de vivre décemment. Il a réaffirmé le rejet de toute ingérence étrangère ainsi que d’un État excessivement centralisé. Dénonçant la division politique actuelle, il a rappelé qu’avec neuf présidents, le pays est devenu la risée du monde. La plateforme Anfòs pou Ayiti prône ainsi un seul pays et un seul peuple, appelant à un véritable coude-à-coude national pour sortir Haïti de l’impasse.
Concernant l’échéance du 7 février, Walson Sanonn a appelé les neuf membres du CPT à quitter le pouvoir, plaidant pour la mise en place d’un gouvernement de transition légitime. Celui-ci, selon lui, devra convoquer une assise nationale inclusive, regroupant toutes les couches de la société, afin d’aborder les problèmes cruciaux du pays, notamment la sécurité et l’organisation d’élections crédibles.
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