Selon un jury fédéral à Miami, quatre hommes du sud de la Floride ont été reconnus coupables d’avoir participé au complot ayant mené à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021 dans sa résidence près de Port-au-Prince. Après près de neuf semaines de procès et 39 jours de témoignages, les jurés ont conclu que les accusés avaient organisé un projet visant d’abord à renverser puis à éliminer le chef de l’État.
Les condamnés sont Antonio “Tony” Intriago, Arcángel Pretel Ortiz, James Solages et Walter Veintemilla. Les procureurs américains soutiennent qu’ils ont recruté et financé une équipe d’anciens militaires colombiens dans le cadre d’un coup d’État destiné à installer un nouveau dirigeant en Haïti et à obtenir ensuite des contrats lucratifs de sécurité et d’infrastructures. Les accusés ont été reconnus coupables de plusieurs chefs d’accusation liés au terrorisme, au soutien matériel et à une expédition militaire illégale contre un pays ami des États-Unis. Ils risquent la prison à vie.
Le procès a révélé l’ampleur de l’enquête : des milliers de données électroniques, des messages codés, des témoignages d’anciens complices et des preuves recueillies en Haïti, aux États-Unis et en Colombie. Les procureurs ont décrit une opération motivée par « la cupidité, l’arrogance et le pouvoir ». La défense, elle, a tenté de faire valoir que des acteurs haïtiens avaient orchestré le meurtre avant l’arrivée des commandos colombiens.
Le témoignage de Martine Moïse, grièvement blessée lors de l’attaque, a marqué le procès. Elle a raconté avoir entendu les assaillants parler espagnol et fouiller la chambre présidentielle à la recherche de documents. Les procureurs ont également affirmé que certains gardes du président avaient été soudoyés pour se retirer pendant l’assaut.
L’affaire américaine se déroule parallèlement à l’enquête haïtienne, qui a déjà inculpé plus de 50 personnes. Malgré ces condamnations, plusieurs zones d’ombre demeurent sur les commanditaires et les motivations profondes du crime, qui a aggravé la crise politique et sécuritaire en Haïti.
RL News
Crédit : Article de Jacqueline Charles et Jay Weaver, publié dans le Miami Herald le 8 mai 2026.
