Dans une note de positionnement doctrinal publiée le 14 avril 2026, le Bloc Républicain / CNTP alerte sur une déliquescence avancée de l’autorité régalienne en Haïti. L’organisation évoque une rupture du contrat social, une incapacité d’agir du pouvoir en place et une menace grave sur le patrimoine national.
Le ton est grave. Le Bloc Républicain / Coordination Nationale du Territoire et du Peuple (CNTP) dresse le constat d’un État en perte de contrôle. Selon l’organisation, le gouvernement actuel ne parvient plus à assurer ses fonctions essentielles. Cette situation marque, d’après elle, une transition critique vers une responsabilité politique et historique.
Dans les faits, cette incapacité se traduit par un affaiblissement de l’autorité sur le territoire. L’Artibonite, région stratégique pour l’économie agricole, est citée comme exemple d’un abandon progressif. Le document évoque même l’émergence de zones échappant au contrôle de l’État.
Par ailleurs, le silence face aux violences, notamment à Séguen, est dénoncé avec fermeté. Le Bloc Républicain estime que l’inaction dépasse désormais la simple incompétence et pose un problème juridique au regard des obligations constitutionnelles de protection des citoyens.
Patrimoine en danger et crise de légitimité
Autre point de préoccupation : la gestion du patrimoine national. La situation de la Citadelle Henry est présentée comme un signal alarmant. Le Bloc Républicain y voit une violation des engagements internationaux d’Haïti, notamment ceux liés à la convention de l’UNESCO de 1972.
Dans ce contexte, la démission récente du Directeur général du ministère de la Culture et de la Communication est interprétée comme un acte fort. Elle traduirait un refus de cautionner certaines dérives dans la gestion du patrimoine.
Au-delà de l’aspect matériel, l’organisation insiste sur la portée symbolique de cette crise. Un État incapable de protéger ses sites historiques perdrait, selon elle, une part de sa légitimité morale et historique.
Une responsabilité politique partagée
Le Bloc Républicain élargit ensuite la critique aux acteurs politiques. Les partis signataires du Pacte national sont directement interpellés. Leur maintien au sein de l’exécutif actuel les rendrait, selon le document, coresponsables de la situation.
Cette position met en lumière un paradoxe. D’un côté, ces partis appellent à la stabilité. De l’autre, ils continuent de soutenir une gouvernance jugée défaillante. Une contradiction que le Bloc Républicain considère comme incompatible avec toute volonté réelle de redressement national.
Des mesures d’urgence pour rétablir l’ordre
Face à cette crise multidimensionnelle, le Bloc Républicain propose plusieurs axes de redressement. Il appelle notamment à une reprise en main sécuritaire immédiate dans les zones les plus affectées, en particulier dans l’Artibonite et à Séguen.
La protection du patrimoine est également mise en avant. L’organisation préconise le déploiement d’unités spécialisées pour sécuriser les sites historiques, considérés comme essentiels à l’identité nationale.
Enfin, la mise en œuvre du Plan National d’Urbanisme est présentée comme une priorité. Ce levier permettrait, selon le Bloc, de réorganiser le territoire et de restaurer l’autorité de l’État.
Dans sa conclusion, le Bloc Républicain appelle à un sursaut collectif. Il plaide pour une application rigoureuse des principes républicains afin de rétablir l’ordre, renforcer la loi et sortir durablement du chaos.
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