La Banque de la République d’Haïti (BRH) hausse le ton. Dans un avis daté du 19 octobre, la banque centrale interdit formellement aux institutions financières de négocier avec les cybercriminels qui exigent une rançon. Un message clair, alors que les attaques informatiques se multiplient contre le système financier.
Port-au-Prince, 20 octobre 2026._Selon la BRH, les cyberattaques ont pris une ampleur considérable depuis cinq ans, aussi bien dans le monde que dans la région. Haïti n’est pas épargné : son système financier figure parmi les cibles privilégiées des pirates. La banque centrale affirme avoir renforcé ses actions de cybersécurité depuis 2023, notamment à travers la formation de son personnel et des campagnes de sensibilisation aux menaces.
Tolérance zéro sur les rançons
C’est le point central de l’avis : aucune négociation, aucun paiement. Cette position rejoint celle que défendent de nombreux régulateurs et experts en sécurité. Payer ne garantit pas la restitution des données et encourage les criminels à frapper de nouveau.
Ce que doivent faire les institutions financières
La BRH rappelle que les banques et autres institutions doivent respecter des règles strictes pour sécuriser leurs systèmes d’information. Elle surveille également les mesures prises pour protéger les données personnelles et les avoirs des clients.
En cas d’attaque, les institutions doivent :
- activer sans délai leurs plans de contingence et de continuité des activités, afin de limiter les perturbations ;
- procéder à une analyse technique de l’incident ;
- renforcer leurs systèmes informatiques à partir de cette analyse, pour corriger les failles identifiées.
Et pour les clients ?
Concrètement, l’objectif est de protéger les épargnants et de maintenir la continuité des services, même en cas d’incident. Pour se prémunir à leur niveau, les clients peuvent aussi adopter quelques réflexes simples : ne jamais communiquer leurs identifiants ou codes par message ou par téléphone, se méfier des liens et pièces jointes suspects, et utiliser des mots de passe solides et différents pour chaque service.
L’avis est signé du gouverneur de la BRH, Ronald Gabriel.
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