La ministre haïtienne de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, a proposé à l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) un programme de travaux à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) en Haïti. Il viserait à créer des emplois pour les femmes et les jeunes sans emploi, et à réhabiliter des infrastructures communautaires.
Bangkok, 16 octobre 2026._Mme Paulemon a présenté le projet au vice-président de la JICA, Hara Shohei, lors d’une rencontre à Bangkok, en Thaïlande. Elle a proposé d’examiner une nouvelle phase de coopération centrée sur l’emploi et le relèvement économique et social des populations vulnérables.
Le programme reposerait sur le recours à de la main-d’œuvre pour des travaux d’intérêt collectif. Les interventions pourraient porter sur la réhabilitation des routes rurales et l’entretien des canaux de drainage et d’irrigation. Elles pourraient aussi concerner la protection des bassins versants, le reboisement et la lutte contre l’érosion.
La réhabilitation d’écoles et de centres de santé est également envisagée. Il en va de même pour l’assainissement des quartiers et de l’environnement des déplacés et des communautés d’accueil.
Le financement, le calendrier et les modalités de mise en œuvre restent toutefois à préciser.
Le précédent de Léogâne
La ministre a rappelé les interventions passées du Japon en Haïti : éducation, approvisionnement en eau, infrastructures et développement agricole. Elle a cité la réhabilitation urbaine à Léogâne après le séisme de 2010. Selon le ministère, ces travaux avaient amélioré les routes et le drainage, tout en procurant des emplois aux habitants sinistrés.
Elle souhaite s’appuyer sur cette expérience pour concevoir un programme adapté aux besoins actuels. Les femmes, les jeunes sans emploi et les ménages vulnérables seraient prioritaires.
Trois demandes à la JICA
Mme Paulemon a formulé trois demandes. La première porte sur l’examen d’un appui financier. La deuxième concerne une assistance technique pour identifier les travaux prioritaires, concevoir les interventions et les superviser. La troisième vise à explorer d’autres mécanismes de coopération japonaise, ainsi que des cofinancements avec des partenaires multilatéraux.
Elle a aussi proposé une étude conjointe de faisabilité d’un programme pilote entre la JICA et le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). Un interlocuteur technique pourrait être désigné pour préparer une première note conceptuelle et identifier les financements disponibles.
À ce stade, rien n’indique qu’un financement ait été accordé ou qu’un programme ait été approuvé.
Le PNSREST 2026-2030 en toile de fond
Les discussions ont aussi couvert le renforcement des capacités institutionnelles, les services de base, le développement agricole et la gestion des risques. Selon le MPCE, ces axes s’inscrivent dans le Plan national de sécurité, de résilience économique et sociale et de transformation (PNSREST) 2026-2030.
Hara Shohei a réaffirmé la disponibilité de la JICA à poursuivre sa collaboration avec Haïti. Il a dit mieux comprendre la situation du pays et les perspectives de coopération. Des rencontres techniques sont prévues pour préciser l’appui que l’agence pourrait apporter.
Elles devront déterminer si la proposition HIMO peut devenir un projet concret, avec des priorités opérationnelles et un financement identifié.
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