Alex Saint-Gardien Jécrois soulève plusieurs interrogations sur les données de l’ONI, les doublons et la procédure d’inscription des électeurs
Port-au-Prince, 4 août 2026 — L’inscription du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé au registre électoral, mardi, continue de susciter des réactions. Dans une analyse consacrée au processus électoral, l’ingénieur en systèmes électoraux Alex Saint-Gardien Jécrois appelle notamment à davantage de transparence sur la constitution du registre électoral.
Dans son texte, l’ingénieur estime que le débat ne devrait pas se limiter aux opérations publiques d’inscription. Il invite plutôt les autorités électorales à apporter des précisions sur les données de l’Office national d’identification (ONI) utilisées dans le processus.
Des interrogations sur les données de l’ONI
Alex Saint-Gardien Jécrois pose d’abord une question : l’ONI a-t-il déjà transmis au Conseil électoral provisoire (CEP) l’ensemble des données relatives aux citoyens détenteurs d’une Carte d’identification nationale (CIN) ?
L’auteur souhaite également savoir où se trouvent ces données, dans quel état elles ont été transmises et quels mécanismes de vérification ont été appliqués.
Selon lui, ces éléments sont essentiels pour évaluer la fiabilité du registre électoral.
L’ingénieur rappelle par ailleurs que les textes légaux et réglementaires régissant l’identification nationale et le processus électoral accordent une place importante aux données de l’ONI.
L’allégation de 800 000 doublons
Dans son document, Alex Saint-Gardien Jécrois affirme avoir signalé depuis plusieurs mois l’existence de près de 800 000 enregistrements en double dans la base de données de l’ONI.
Il soutient que ces doublons pourraient représenter un risque pour l’intégrité du registre électoral.
Cependant, cette donnée relève de l’affirmation de l’auteur. Elle nécessiterait, pour être établie de manière indépendante, la publication d’un audit ou de données officielles permettant d’en vérifier l’ampleur.
L’ingénieur déplore justement l’absence, selon lui, d’un audit indépendant rendu public sur cette question.
Pourquoi une inscription physique ?
Autre point soulevé : la procédure d’inscription des électeurs.
Alex Saint-Gardien Jécrois rappelle que les données d’identification et les informations biométriques des citoyens sont déjà recueillies par l’ONI.
Il s’interroge donc sur la nécessité de demander aux citoyens de se présenter physiquement dans un centre d’inscription pour figurer sur le registre électoral.
À ses yeux, une meilleure interconnexion entre les systèmes de l’ONI et du CEP pourrait permettre de faciliter le processus.
Cette proposition est présentée par l’auteur comme une piste technique. Elle soulève toutefois des questions qui nécessitent des réponses des institutions concernées, notamment sur la protection des données, la validation des identités et les garanties contre les erreurs ou les inscriptions multiples.
Les déplacés au centre des préoccupations
L’ingénieur estime également que la procédure actuelle pourrait compliquer la participation électorale des personnes déplacées par l’insécurité.
Il considère que les citoyens contraints de quitter leur zone d’origine doivent pouvoir bénéficier de mécanismes adaptés pour participer au processus électoral.
Cette question intervient alors que l’insécurité continue de perturber le fonctionnement normal de plusieurs régions du pays.
Pour l’auteur, le dispositif électoral devrait donc intégrer cette réalité dans sa stratégie d’inscription.
Le budget électoral également questionné
Alex Saint-Gardien Jécrois s’interroge par ailleurs sur le budget consacré aux prochaines élections.
Il évoque une enveloppe de 120 millions de dollars et estime qu’une rationalisation du système pourrait, selon lui, permettre de réduire certains coûts.
Là encore, il s’agit de l’analyse de l’auteur du texte.
La question de la justification détaillée de cette enveloppe relève cependant d’un débat plus large sur les ressources nécessaires à l’organisation des élections, notamment en matière de sécurité, de logistique, d’inscription, de technologie et de personnel.
Cinq questions adressées aux autorités
Dans son analyse, l’ingénieur formule plusieurs questions à l’attention du CEP et de l’ONI.
Il demande notamment :
si l’ensemble des données de l’ONI a été transmis au CEP ;
quel traitement a été appliqué aux éventuels doublons ;
si un audit indépendant de la base de données a été réalisé ou est prévu ;
pourquoi une inscription physique demeure nécessaire alors que l’ONI dispose déjà de données biométriques ;
et comment le budget électoral de 120 millions de dollars est techniquement et financièrement justifié.
Le CEP et l’ONI appelés à apporter des précisions
Les interrogations formulées par Alex Saint-Gardien Jécrois interviennent dans un contexte où la crédibilité du processus électoral constitue un enjeu majeur.
Pour l’auteur, la transparence des données et la fiabilité du registre sont indispensables à la confiance des électeurs.
Ses propositions portent notamment sur la réalisation d’un audit indépendant, la publication de ses résultats, une meilleure interconnexion des bases de données et la mise en place de mécanismes favorisant la participation des personnes déplacées.
Ces propositions et les affirmations contenues dans son texte restent toutefois susceptibles d’être confrontées aux explications officielles du CEP et de l’ONI.
À ce stade, le débat posé par l’ingénieur renvoie à une question centrale : comment garantir un registre électoral fiable, inclusif et vérifiable avant le scrutin ?
La réponse appartient désormais aux institutions responsables du processus électoral.
RL News
