La récente opération du ministère des Affaires sociales, loin de faire l’unanimité, expose au grand jour les failles d’une politique publique qui semble osciller entre improvisation et calcul politique.
Le ministre Marc Élie Nelson se retrouve au cœur d’une controverse après la distribution d’enveloppes d’argent à certains groupes de citoyens — un geste que d’aucuns perçoivent moins comme une stratégie réfléchie que comme une tentative de calmer, à court terme, une tension sociale grandissante.
Dans un pays où la précarité n’est plus une exception mais une norme, cette initiative apparaît, pour ses détracteurs, comme un pansement posé sur une plaie béante. La société civile, de plus en plus critique, dénonce une réponse superficielle, incapable de s’attaquer aux racines profondes de la crise. Dans les camps de déplacés, notamment, la réalité demeure implacable : insécurité alimentaire chronique, conditions sanitaires déplorables et absence criante de politiques d’accompagnement durables.
Au-delà de l’indignation, cette affaire ravive une question essentielle : celle de la gestion des fonds publics dans un contexte d’urgence humanitaire prolongée.
Peut-on encore se contenter de mesures ponctuelles quand l’ampleur de la crise exige des réformes structurelles ? Pour beaucoup, l’État semble ici privilégier l’effet immédiat au détriment d’une vision à long terme — au risque d’entretenir, plutôt que de résoudre, la vulnérabilité qu’il prétend combattre.
Jose Darline Pierre Louis
RL News
