L’organisation dénonce l’inaction des autorités face à l’insécurité, aux déplacements massifs et à la détérioration des conditions de vie
L’Alliance Nationale des Forces Organisées et Solidaires pour Haïti (ANFOS pour Haïti) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée de la situation socio-économique et sécuritaire du pays. Dans une note publiée le 5 mai 2026 à Port-au-Prince, l’organisation exprime sa profonde inquiétude devant l’absence de réponses jugées efficaces de la part des autorités.
Selon l’ANFOS, les chiffres récents illustrent l’ampleur de la crise. Plus de 5 500 personnes ont été tuées en moins d’un an, d’après les données des Nations unies. Dans le même temps, près de 6 millions d’Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Environ 1,4 million de déplacés internes survivent également dans des conditions précaires, avec un accès limité aux services essentiels.
Une crise humanitaire et sécuritaire qui s’enlise
L’organisation estime que cette situation risque de s’installer durablement en raison du manque de politiques publiques adaptées, notamment en matière de logement, de protection sociale et de réinsertion des déplacés.
ANFOS pour Haïti s’inquiète aussi de l’absence de mécanismes concrets pour accompagner les populations déplacées. Cette précarité prolongée pourrait, selon elle, favoriser des formes d’instrumentalisation politique.
Par ailleurs, l’insalubrité grandissante dans plusieurs villes du pays, notamment au Cap-Haïtien, accentuée par les intempéries, expose les habitants à des risques sanitaires majeurs. L’organisation souligne également la fragilité des infrastructures publiques.
Sur le plan sécuritaire, ANFOS critique certaines décisions des autorités qu’elle considère davantage comme des « opérations de communication » que comme de véritables réponses à la crise.
Pendant ce temps, les groupes armés poursuivent leur expansion dans plusieurs zones du pays, notamment à Montrouis et Marchand-Dessalines. L’organisation évoque aussi les massacres enregistrés dans les localités de Bois-Neuf, près de Saint-Marc, ainsi qu’à Jean-Denis, dans le département de l’Artibonite.
Pour l’ANFOS, cette situation traduit un affaiblissement préoccupant de l’autorité de l’État.
Des doutes sur la tenue d’élections crédibles
Face à cette crise multidimensionnelle, l’organisation s’interroge sur la capacité, mais aussi sur la volonté des autorités à apporter des solutions concrètes. Elle estime que le manque de résultats renforce la méfiance de la population et alimente les soupçons d’exploitation politique et économique de la crise.
ANFOS pour Haïti affirme également que l’indépendance des institutions est de plus en plus remise en question. Une situation qui affecte, selon elle, la crédibilité du gouvernement et soulève des interrogations sur la transparence du futur processus électoral.
Dans ce contexte, l’organisation considère que les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles ne sont pas réunies. Elle rappelle que de vastes zones des départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central demeurent sous le contrôle de groupes armés, représentant près de 70 % de l’électorat national.
L’ANFOS estime enfin que l’insécurité, la pauvreté généralisée, les déplacements massifs et la faiblesse des institutions constituent des obstacles majeurs à l’expression démocratique et à la confiance citoyenne.
L’organisation appelle ainsi à un « sursaut national » afin de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, renforcer la justice, lutter contre la corruption, relancer l’économie et restaurer la souveraineté nationale.
Tout en réaffirmant son attachement aux valeurs démocratiques et à l’État de droit, ANFOS pour Haïti dit rester disponible pour participer à toute initiative crédible visant le retour à une stabilité politique et institutionnelle durable.
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