Le Mouvement Point Final tire la sonnette d’alarme après l’intrusion de gangs armés à Seguin, dans la commune de Jacmel. L’organisation met en cause l’État haïtien, plusieurs puissances occidentales et les Nations unies, qu’elle juge responsables de l’absence de protection des populations civiles face à la montée de l’insécurité.
Dans une prise de position publique, le Mouvement Point Final affirme que la situation sécuritaire en Haïti ne peut plus être considérée comme un simple phénomène criminel isolé. Selon l’organisation, la progression des gangs armés dans le Sud-Est représente une menace directe pour l’ensemble de la péninsule sud.
Le mouvement rappelle la Convention de 2005 des Nations unies sur la responsabilité de protéger, qui engage les États à garantir la sécurité des populations exposées à de graves violences.
Pour ses responsables, la responsabilité de cette crise incombe en priorité au gouvernement haïtien, aux États-Unis, à la France, au Canada ainsi qu’aux Nations unies.
Le Mouvement Point Final estime que ces acteurs n’ont pas pris les mesures nécessaires pour empêcher la détérioration de la situation en Haïti.
Seguin, un point stratégique pour le Grand Sud
Selon l’organisation, l’installation de groupes armés à Seguin pourrait avoir des conséquences majeures pour plusieurs départements du pays.
Le mouvement souligne que les différentes zones du Grand Sud sont reliées par des corridors montagneux. Ainsi, une présence durable de gangs dans cette zone pourrait faciliter leur progression vers Jacmel, Bainet, la région des Palmes, les Nippes, le Sud et la Grand’Anse.
D’après ses dirigeants, cette configuration géographique rend la situation particulièrement préoccupante pour les habitants de la région.
Selon le mouvement, si les gangs s’installent durablement dans le Sud-Est, l’ensemble du Grand Sud pourrait rapidement se retrouver sous pression.
Un appel à une mobilisation nationale
Face à cette menace, le Mouvement Point Final appelle à une mobilisation de la population du Grand Sud aux côtés des habitants de Jacmel.
L’organisation estime que lorsque l’État ne parvient plus à assurer la sécurité collective, les citoyens réclament naturellement une réponse plus forte pour défendre leurs communautés.
Le mouvement considère que l’inaction prolongée des autorités haïtiennes et de la communauté internationale alimente le sentiment d’abandon au sein de la population.
Une crise sécuritaire qui s’étend depuis plusieurs années
Depuis 2018, Haïti connaît une aggravation continue de la violence liée aux gangs armés. Plusieurs régions du pays sont touchées par des attaques armées, des enlèvements, des déplacements de population et des blocages de routes stratégiques.
Pour le Mouvement Point Final, l’absence de réponse durable face à cette crise risque d’entraîner une déstabilisation encore plus profonde du pays.
L’organisation conclut en appelant les autorités nationales et les partenaires internationaux à assumer pleinement leurs responsabilités afin d’éviter une extension de l’insécurité vers l’ensemble de la péninsule sud.
RL News
