Gouvernement, Églises, société civile, secteur privé et partis politiques ont confronté leurs analyses à Port-au-Prince. Un document de synthèse sera diffusé prochainement.
PORT-AU-PRINCE, 27 octobre 2026 – Religions pour la Paix Haïti et Leadership Ayitien pour une Nouvelle Société (LANS) ont réuni mardi, au Karibe Hôtel, des acteurs de toute la vie nationale pour passer en revue les initiatives de paix en Haïti. La rencontre était facilitée par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
Elle s’est tenue dans un contexte d’insécurité, de fragilité des institutions et de fortes tensions sociales et politiques. Des représentants du gouvernement, des communautés religieuses, de la société civile, du secteur privé et de partis politiques y ont participé, aux côtés de partenaires internationaux.
Le Directeur général des Cultes, Joël Turenne, était présent, de même que la Directrice de cabinet de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, qui représentait cette dernière.
Parmi les participants figuraient notamment Lakou Pa Nou pour le secteur privé, les formations politiques ENA, PARSOL et RCH, ainsi que les organisations de la société civile ISC et FOFALA. L’Église catholique, les Églises protestantes, la communauté bahá’íe et des représentants du vodou ont aussi pris part aux échanges.
« Tout le monde parle des manuels de guerre, mais qui décide de parler d’un manuel de la paix ? », a lancé Hernando Caceres, qui intervenait au nom du BINUH. Il a appelé les participants à dépasser les constats pour définir une véritable marche à suivre.
Dans un message préenregistré, Mgr Pierre-André Dumas, président d’honneur de Religions pour la Paix Haïti, a exhorté à refuser la banalisation de la violence. « Nous ne pouvons pas laisser la violence devenir en Haïti notre pain quotidien et l’indifférence notre réponse », a-t-il déclaré.
Les travaux en atelier ont fait ressortir quatre priorités : la sécurité et la protection de la population, les élections, la gouvernance et la justice transitionnelle. Les participants devaient aller au-delà du diagnostic et définir les conditions du retour de la confiance, les responsabilités de chacun et les mécanismes d’avancées concrètes.
Les organisateurs refusent de réduire la paix à la seule question sécuritaire. Selon eux, elle suppose aussi des institutions crédibles, un processus électoral capable de restaurer la légitimité démocratique, une justice adaptée aux réalités du pays et l’implication des citoyens.
Cette rencontre ne constitue qu’une étape. Un document de synthèse, regroupant analyses, propositions et recommandations, sera transmis dans les meilleurs délais aux participants, puis aux forces vives de la nation et aux partenaires internationaux. Il doit servir de base à des actions de plaidoyer et à des initiatives concrètes.
Religions pour la Paix Haïti et LANS disent vouloir favoriser l’émergence d’un leadership partagé et la recherche de compromis. Pour les deux organisations, la concertation n’a de sens que si elle débouche sur une action collective et sur des solutions haïtiennes à la crise.
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