Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) accuse l’ancien président Michel Martelly d’avoir cherché à faire stopper l’offensive salvadorienne contre les gangs. Dans une note publiée lundi, il affirme que l’ex-chef de l’État aurait utilisé l’organisation UNA-Haïti. Ces allégations, fondées sur des sources anonymes, n’ont pas été confirmées de façon indépendante.
Port-au-Prince, Haïti, 2 novembre 2026 – Michel Martelly n’a pas réagi, à ce stade, aux accusations du RHAJAC.
Selon la note, signée du secrétaire général Djovany Michel, l’ancien président aurait sollicité trois collaborateurs : Harvey Dupiton, Randolf St Leger et Jean Philippe Vixamar. Une lettre aurait été adressée à l’ONU le 28 octobre. Elle accuse les forces salvadoriennes de bombardements aériens et d’attaques d’hélicoptères armés depuis le 22 octobre. Les zones visées seraient Croix-des-Bouquets, Canaan et la Plaine du Cul-de-Sac.
Le RHAJAC présente ces opérations comme une riposte à l’enlèvement de quatre techniciens de l’armée de l’air salvadorienne. Ils avaient été intégrés à la Force de répression des gangs (FRG), soutenue par l’ONU. Ils sont tombés dans une embuscade à Croix-des-Bouquets le 18 octobre. Selon le réseau, l’offensive vise à les retrouver, conformément à la promesse du président Nayib Bukele. Il écarte toute volonté d’invasion ou d’exploitation du pays.
Le réseau dit suivre le dossier depuis la disparition des quatre hommes. Le 26 octobre, il avait réclamé la protection des civils et appelé Nayib Bukele à la prudence.
Un mobile électoral avancé
Le RHAJAC avance un mobile politique. Michel Martelly serait revenu en Haïti le 15 juillet, après plusieurs années à l’étranger. Il a déposé sa candidature auprès du Conseil électoral provisoire le 23 octobre, sous la bannière de la coalition « DEBLOKE ».
Selon des sources anonymes citées par le réseau, il aurait promis une amnistie aux chefs de gangs en échange de leur appui. L’élimination de ces groupes affaiblirait donc, d’après le RHAJAC, sa base d’influence.
Le réseau rappelle que l’ancien président fait l’objet de sanctions internationales. Il affirme qu’il est accusé de financement de gangs, de trafic de cocaïne, de blanchiment et de détournement de fonds publics. Michel Martelly a toujours rejeté ce type d’accusations.
Une enquête réclamée
Les trois collaborateurs cités ne se sont pas exprimés. Jean Philippe Vixamar avait été nommé directeur de la Banque nationale de crédit (BNC) en novembre 2011, sous la présidence Martelly.
Le RHAJAC demande aux autorités judiciaires haïtiennes et aux experts de l’ONU en Haïti d’ouvrir une enquête.
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