Dans une lettre ouverte datée du 26 octobre, l’ingénieur Alex Saint-Gardien Jecrois somme le Conseil électoral provisoire (CEP) de détailler la méthode derrière ce chiffre, supérieur à la population haïtienne. Il réclame un audit indépendant.
Silver Spring (Maryland), 26 octobre 2026 – L’auteur dit avoir entendu ce chiffre lundi sur Radio Scoop, dans un compte rendu du journaliste Manuel Yves. Le Nouvelliste l’a repris dans son titre le 23 octobre. Le quotidien rapportait aussi que, depuis l’ouverture de l’enregistrement sur la plateforme du CEP le 20 août, seules 36 organisations politiques sur 105 agréées avaient atteint le seuil de 30 000 membres.
L’ingénieur précise ne pas nier l’existence de tentatives de fraude, ni contester le recours à la technologie. Il veut que les chiffres soient « intelligibles » et vérifiables.
Quelle unité de mesure ?
Pour lui, la question centrale est de savoir ce que compte le CEP : des personnes, des dossiers, des requêtes informatiques, des doublons ou de simples alertes. Dépasser la population, estimée à quelque 12 millions d’habitants, n’est pas impossible sur le plan technique. Une même identité peut être soumise plusieurs fois, un fichier importé à répétition ou des requêtes automatisées multipliées. Ces scénarios restent des hypothèses, souligne-t-il. Une alerte technique, rappelle-t-il, ne prouve pas à elle seule une intention frauduleuse.
Logiciel, règles et recours
M. Jecrois demande au CEP de nommer le logiciel utilisé et son fournisseur. Il l’invite aussi à expliquer ses règles de détection : repérage des doublons, distinction entre erreur de saisie et usurpation d’identité, vérification humaine des alertes, possibilités de réexamen.
Il réclame en outre un tableau statistique précisant la période couverte, le nombre de soumissions, d’identités distinctes, d’adhésions validées, de rejets par motif et de fraudes réellement confirmées.
Pourquoi seulement 36 organisations ?
L’auteur estime que ce chiffre ne prouve ni une fraude généralisée ni un soutien insuffisant. Les autres organisations peuvent avoir déposé trop peu de dossiers, attendre un traitement ou avoir subi des rejets ou des difficultés techniques. Il souhaite que chacune reçoive un relevé détaillé et des voies de recours.
Il demande enfin un audit technique et statistique indépendant, dont une synthèse serait publiée sans données personnelles ni éléments sensibles de sécurité. « La technologie ne doit pas servir d’argument d’autorité », écrit-il.
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