Le Conseil électoral provisoire (CEP) a décidé de siffler la fin de la récréation. Dans une note publiée ce lundi, l’institution rappelle avec fermeté que la campagne électorale officielle n’a pas encore débuté, et somme les structures politiques de mettre fin à toute activité pouvant s’y apparenter.
Ce n’est pas un simple communiqué de routine. Le CEP réagit à une réalité de terrain : depuis plusieurs semaines, des partis et groupements politiques multiplient les rassemblements publics, prenant de vitesse un calendrier électoral que le Conseil n’a pourtant pas encore arrêté.
S’appuyant sur l’article 193 du décret électoral du 2 juin 2026, l’institution électorale réaffirme une prérogative qui lui revient exclusivement : c’est à elle, et à elle seule, de fixer et de communiquer la période officielle de campagne. Toute initiative qui anticipe cette échéance s’apparente donc à un contournement des règles du jeu électoral.
Dans sa note datée de ce 28 septembre, le CEP invite « les partis, groupements de partis politiques et candidats à s’abstenir de toute activité assimilable à une campagne électorale en dehors de la période officiellement fixée ». Le message est clair : les structures politiques sont tenues de respecter scrupuleusement les dispositions légales et réglementaires qui encadrent le processus électoral.
Sans brandir explicitement la menace de sanctions, le Conseil place ainsi les acteurs politiques face à leurs responsabilités, à un moment où le pays s’achemine vers un processus électoral dont chaque étape est scrutée de près.
Le pari de la responsabilité collective
En conclusion de sa note, le CEP dit compter sur la responsabilité et l’engagement de tous les acteurs politiques pour préserver un climat électoral serein, équitable et conforme aux normes établies. Un appel qui sonne autant comme une exhortation que comme un avertissement, à l’heure où la crédibilité du processus électoral haïtien reste suspendue à la capacité de ses acteurs à en respecter les règles.
Reste à savoir si ce rappel suffira à freiner l’ardeur de certaines formations politiques, ou si le CEP devra, dans les prochains jours, préciser les conséquences concrètes qui pourraient accompagner le non-respect de cette directive.
La Rédaction
