Des étudiants haïtiens en médecine formés en République dominicaine interpellent le ministère haïtien de la Santé. Ils dénoncent les obstacles administratifs qui retardent leur entrée dans la vie professionnelle et fragilisent davantage le système sanitaire du pays.
L’Association des Étudiants Haïtiens de la Universidad Autónoma de Santo Domingo (AEH-UASD) tire la sonnette d’alarme.Dans une correspondance adressée au ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Bertrand Sinal, l’organisation dénonce les difficultés rencontrées par les diplômés haïtiens en médecine formés en République dominicaine pour accomplir leur service social obligatoire.
Selon l’association, cette situation plonge de nombreux jeunes médecins dans une impasse professionnelle. Elle prive également Haïti de ressources humaines précieuses dans un secteur déjà sous pression.
Des obstacles des deux côtés de la frontière
Autrefois, les étudiants haïtiens diplômés en médecine en République dominicaine pouvaient réaliser leur service social sur place sans grandes formalités.
Aujourd’hui, cette option n’existe presque plus.Désormais, les autorités dominicaines exigent un statut de résident pour autoriser l’accès au service social. Or, cette procédure est jugée longue, coûteuse et difficile pour de nombreux étudiants étrangers.
Cependant, le retour en Haïti ne garantit pas non plus une solution rapide.Les diplômés issus d’universités étrangères doivent désormais réussir un examen d’aptitude avant de pouvoir intégrer le service social national.
Le problème est que cet examen n’est pas organisé régulièrement.
D’après l’AEH-UASD, certains candidats attendent parfois entre six mois et une année avant de pouvoir s’inscrire.Par conséquent, de jeunes médecins restent sans activité pendant plusieurs mois après la fin de leurs études.
Un blocage pour les jeunes médecins haïtiens
Au-delà du délai, d’autres difficultés compliquent encore davantage la situation.L’association évoque notamment la barrière linguistique. Certains candidats estiment que l’examen constitue un défi supplémentaire pour ceux qui ont suivi leur formation principalement en espagnol.Ensuite, même après avoir réussi cette étape, obtenir un poste reste difficile.
La majorité des places disponibles serait occupée par les diplômés des universités haïtiennes publiques et privées. Les étudiants formés à l’étranger se retrouvent alors avec un nombre très limité de postes.
Souvent, les affectations restantes concernent des zones reculées, parfois dans des conditions de travail jugées insuffisantes.
Pour les signataires de la lettre, ce contexte crée un véritable blocage administratif.Après plusieurs années d’études, certains jeunes médecins ne peuvent ni exercer, ni compléter leur formation pratique.
Un appel au dialogue avec le ministère de la Santé
Face à cette situation, l’Association des Étudiants Haïtiens de la UASD demande une intervention du ministère de la Santé.Elle souhaite l’ouverture d’un dialogue institutionnel entre les autorités haïtiennes et les représentants des étudiants formés à l’étranger.
L’organisation propose également une réunion de travail, en présentiel ou en visioconférence, afin de présenter en détail les difficultés rencontrées.
Selon l’association, une meilleure coordination entre Haïti et la République dominicaine pourrait permettre de débloquer le dossier.
Les étudiants demandent surtout une planification plus régulière des examens ainsi qu’une attribution plus transparente des postes de service social.
Pour eux, il devient urgent de trouver une solution durable.Car derrière ce dossier administratif, c’est aussi l’avenir de nombreux jeunes médecins haïtiens qui se joue.
RL News
