En Haïti, la politique offre parfois un terrain fertile aux raccourcis, aux procès d’intention et aux interprétations intéressées. Une déclaration est sortie de son contexte, une phrase est découpée, puis la polémique prend le dessus sur les faits.
L’affaire des propos attribués au candidat du groupement VIKTWA, Wilner Joseph, sur Jean-Jacques Dessalines en est une nouvelle illustration.
Le candidat affirme aujourd’hui qu’il n’a jamais voulu dire que le Père fondateur de la Patrie était né aux Gonaïves. Il soutient avoir simplement évoqué cette ville comme un haut lieu de l’histoire de l’Indépendance et de la naissance de plusieurs héros de la révolution.
Que l’on soit d’accord ou non avec son explication, le débat mérite mieux que les raccourcis.
La politique est un espace de confrontation. Elle doit aussi rester un espace de responsabilité. Lorsqu’une déclaration fait polémique, le rôle des médias est d’en restituer le contexte, de vérifier les faits et de laisser au public le soin de juger.
C’est précisément là que les mauvaises langues doivent être clouées au pilori : non pas pour avoir posé des questions, mais lorsqu’elles transforment l’interprétation en vérité et la polémique en information.
Un candidat peut être critiqué. Un journaliste peut interroger ses propos. Un adversaire politique peut les contester. Mais personne ne gagne à travestir les faits.
Jean-Jacques Dessalines appartient à l’histoire nationale. Son héritage ne devrait pas devenir un instrument de manipulation politique.
À l’approche des élections, Haïti a surtout besoin d’un débat public fondé sur les faits, les idées et les propositions. Les citoyens méritent mieux que les rumeurs, les insinuations et les campagnes de dénigrement.
La démocratie ne se nourrit pas des mauvaises langues. Elle se nourrit de vérité, de contradiction et de responsabilité.
La Rédaction
