Le Bloc Républicain demande que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) installe une « Régence judiciaire » pour gouverner la transition. Dans une lettre ouverte, il juge le pouvoir actuel illégitime et incapable de rétablir la sécurité. Il convoque des assises pour valider son plan.
Port-au-Prince, 31 octobre 2026._Le Bloc Républicain, qui réunit le Consensus national de la transition politique (CNTP) et le Parti républicain haïtien (PRHA/HAYTI), a publié samedi une lettre ouverte à la nation. Elle est signée de son président, Me Francisco René.
Le texte parle d’une « rupture de l’ordre constitutionnel » le 7 février 2026. Selon le Bloc, l’État s’enfonce depuis dans la paralysie. Il dit avoir gardé le silence depuis mars par « réserve stratégique ». Il le rompt aujourd’hui.
Une transition confiée aux magistrats
Le Bloc propose une « Régence judiciaire » placée sous l’autorité du CSPJ. Elle installerait un gouvernement neutre et provisoire.
Cette instance aurait trois missions : rétablir la sécurité et démanteler la criminalité organisée, purger l’État de la corruption, puis organiser des élections libres.
Mises en garde aux autorités
Le Bloc adresse des avertissements juridiques. Les membres du gouvernement en place, qu’il qualifie de « gouvernement de fait », engageraient leur responsabilité civile et pénale. Il affirme qu’aucun de leurs actes ne les exonérerait.
Il vise aussi le Conseil électoral provisoire (CEP). Organiser des scrutins dans ces conditions serait, dit-il, une « forfaiture ». Tout engagement de fonds publics serait poursuivi comme « haute trahison ».
Les partenaires internationaux sont également interpellés : ONU, OEA, CARICOM, Congrès et Département d’État américains. Le Bloc affirme maintenir ses « réserves » par courrier officiel. Selon lui, aucun accord conclu avec un pouvoir de fait ne lierait l’État haïtien.
Un appel aux forces vives
La lettre s’adresse aux secteurs religieux, aux syndicats, aux milieux d’affaires, aux organisations de droits humains et aux partis. Le Bloc leur promet, tour à tour, la sécurité des routes et des ports, la fin de l’impunité et un cadre électoral équitable.
Il convoque des « Assises du Sursaut National ». Elles devraient valider l’installation de la Régence, adopter une feuille de route et confier officiellement le mandat au CSPJ.
Des noms proposés
En annexe, le Bloc soumet des profils « à l’appréciation de la nation ». Pour présider la Régence, il cite cinq magistrats : Jean-Joseph Lebrun, Barthélemy Altenor, Jocelyne Casimir, Lesly Jules et Noé Pierre-Louis Massillon.
Pour la Primature, il propose notamment Gimmy Albert, Garry Pierre Paul Charles, Valéry Numa, Irène Clergé, Jacques-Édouard Alexis, Fred Brutus et Marie Ginette Pérodin Mathurin. Il évoque aussi une personnalité de la diaspora.
Le Bloc conclut par un appel à « l’union sacrée ». Il affirme que la souveraineté nationale « se cristallise exclusivement » au sein du CSPJ.
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