Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, le Mouvement Point Final relance le débat sur la transition politique en Haïti. L’organisation estime que les autorités successives n’ont pas permis d’établir la vérité judiciaire. Elle réclame une nouvelle transition souveraine fondée sur un consensus national.
Le 7 juillet 2026 marque le cinquième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse. Le chef de l’État avait été tué dans sa résidence privée de Pèlerin 5, à Pétion-Ville, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
Dans une déclaration publique, le Mouvement Point Final affirme que les trois régimes de transition installés depuis cette date n’ont jamais manifesté une réelle volonté de faire avancer la justice.
Selon l’organisation, ces différentes transitions n’ont pas accordé une priorité suffisante au dossier judiciaire relatif à l’assassinat du président haïtien.
Le mouvement considère également que ce crime constitue un coup d’État. Il soutient que les responsables présumés et leurs alliés auraient conservé ou partagé le pouvoir après les événements.
Par ailleurs, le Mouvement Point Final évoque le caractère transnational du dossier. Il estime que plusieurs acteurs internationaux ont exercé une influence importante sur les transitions politiques mises en place depuis 2021.
Des critiques contre les autorités et le traitement du dossier judiciaire
Le mouvement critique plusieurs décisions prises par les autorités de transition.
Il cite notamment la nomination de Léon Charles au poste d’ambassadeur d’Haïti auprès de l’Organisation des États américains (OEA) par l’ancien Premier ministre Ariel Henry.
Le Mouvement Point Final critique également la composition du Conseil présidentiel de transition. Il affirme que certains de ses membres ont été cités dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat.
L’organisation reproche aussi au gouvernement dirigé par Alix Didier Fils Aimé son silence pendant les audiences organisées en Floride en mars 2026.
Selon le mouvement, ces procès concernaient directement l’assassinat du président Jovenel Moïse. Pourtant, il affirme que le gouvernement haïtien n’a formulé aucune réaction officielle.
Le Mouvement Point Final estime enfin que les conclusions des procédures judiciaires menées aux États-Unis n’ont pas permis d’établir toutes les responsabilités dans cette affaire.
Une nouvelle transition politique parmi les principales revendications
Face à cette situation, le Mouvement Point Final réclame la mise en place d’une « Nouvelle Transition politique souveraine ».
Selon l’organisation, cette transition devrait résulter d’un accord entre les principales forces politiques, économiques, intellectuelles et sociales du pays.
Le mouvement présente plusieurs priorités.
Il demande d’abord le rapatriement du dossier judiciaire sur l’assassinat de Jovenel Moïse vers les juridictions haïtiennes.
Ensuite, il appelle à une lutte renforcée contre l’insécurité et le banditisme armé.
Le mouvement souhaite également relancer le processus électoral sur la base d’un consensus national.
Il réclame aussi un audit des cinq années de transition politique depuis juillet 2021.
Par ailleurs, l’organisation demande l’organisation d’un procès qu’elle juge équitable afin d’identifier les responsables et de garantir les droits des personnes poursuivies.
Enfin, elle plaide pour la tenue des États généraux de la Nation afin d’aborder les crises constitutionnelle et institutionnelle qui touchent Haïti depuis plusieurs années.
Le choix du calendrier officiel également contesté
Le Mouvement Point Final critique également la décision des autorités de lancer les examens officiels du secondaire le 7 juillet 2026.
Selon l’organisation, cette coïncidence banalise la commémoration du cinquième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Le mouvement estime que cet événement demeure un symbole majeur de la crise politique et institutionnelle traversée par Haïti.
Enfin, il affirme que la fin annoncée du Statut de protection temporaire (TPS) pour environ 350 000 ressortissants haïtiens aux États-Unis risque d’aggraver la crise économique et humanitaire.
Le Mouvement Point Final conclut en appelant les Haïtiens à engager une nouvelle transition politique souveraine. Selon lui, cette démarche constitue une étape essentielle pour restaurer la souveraineté nationale, renforcer les institutions et favoriser une paix durable dans le pays.
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