PORT-AU-PRINCE, 17 août 2026 — L’organisation des élections prévues en décembre en Haïti reste entourée d’incertitudes. La situation sécuritaire, marquée par l’activité des groupes armés dans plusieurs régions, suscite notamment des inquiétudes au sein de la classe politique.
Le coordonnateur national du Rassemblement des Patriotes Progressistes pour le Développement (RPPD), l’ancien sénateur Edwin Daniel Zenny, estime que les conditions actuelles ne permettent pas encore d’envisager un scrutin crédible.
« Les conditions ne sont pas favorables à la tenue d’élections crédibles », affirme M. Zenny, qui souhaite voir le pays renouer avec la voie du développement durable.
Selon lui, le gouvernement doit d’abord s’attaquer à l’insécurité et au contrôle exercé par les groupes armés dans plusieurs zones du territoire.
Pour cet ancien parlementaire du Sud-Est, la question sécuritaire constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles au processus électoral. Il juge difficile d’organiser un scrutin « libre, transparent et sécurisé » sans une amélioration significative de la situation.
M. Zenny dit également avoir des réserves sur une éventuelle candidature. Il affirme qu’à « 80 % », il ne souhaiterait pas se présenter, même si les élections étaient organisées à la fin de l’année.
Cette position s’explique notamment par ses interrogations sur le fonctionnement des futures institutions. L’ancien sénateur s’interroge sur les conditions dans lesquelles les futurs députés et sénateurs pourraient exercer leur mandat dans un pays toujours confronté à l’influence des groupes armés.
Pour le responsable du RPPD, l’organisation des élections ne saurait donc constituer une fin en soi. Elle doit s’accompagner de garanties permettant aux futurs élus d’exercer leurs fonctions dans un environnement sécurisé et respectueux de l’État de droit.
Malgré ces réserves, le RPPD affirme être prêt à participer au processus électoral. Le parti indique avoir obtenu son agrément auprès du Conseil électoral provisoire (CEP) et se prépare à prendre part à une éventuelle compétition.
Le CEP a fixé au 13 décembre le premier tour des élections présidentielle et législatives, ainsi que le référendum constitutionnel. Le second tour est prévu le 21 février 2027. Le calendrier reste toutefois conditionné à l’évolution de la situation sécuritaire et à la disponibilité des ressources financières.
Dans ce contexte, le débat demeure ouvert sur la capacité des autorités à organiser un scrutin crédible. Pour une partie de la classe politique, l’enjeu dépasse désormais la seule tenue des élections : il s’agit aussi de garantir aux futures institutions les conditions nécessaires à leur fonctionnement.
Léger Mackenson
RL News
