Le communiqué du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) publié le 1er juillet est pour le moins surprenant. Le ministère affirme avoir appris sur les réseaux sociaux le retour en Haïti des internationaux Danley Jean-Jacques et Pierre Olivier Woodensky, faute d’avoir été informé officiellement de leur arrivée. Une déclaration qui soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Comment deux internationaux haïtiens, de retour d’une compétition mondiale, peuvent-ils atterrir dans leur propre pays sans que le ministère chargé des Sports ne soit au courant ? Plus étonnant encore, le communiqué précise que la Fédération haïtienne de football (FHF) n’aurait pas non plus été informée. Si tel est le cas, il s’agit d’un sérieux dysfonctionnement dans la chaîne de communication entre les joueurs, la fédération et les autorités publiques.
Cette affaire dépasse largement la question d’un simple accueil protocolaire. Elle met en lumière les faiblesses persistantes de la gouvernance sportive en Haïti. Depuis des années, les performances des athlètes haïtiens sont souvent célébrées après coup, tandis que l’accompagnement institutionnel peine à suivre. Les hommages arrivent parfois lorsque l’opinion publique s’empare déjà du sujet.
Le communiqué du ministère donne également l’impression d’une réaction imposée par les circonstances. Après avoir été interpellé sur les réseaux sociaux à propos de l’absence d’accueil officiel, le MJSAC annonce qu’un hommage sera finalement organisé. Cette décision apparaît davantage comme une réponse à la polémique qu’une initiative planifiée pour honorer deux joueurs ayant représenté le pays sur la scène internationale.
Cette séquence pose plusieurs questions auxquelles les autorités sportives gagneraient à répondre. Qui était chargé de coordonner le retour des joueurs ? La Fédération haïtienne de football a-t-elle été tenue informée de leur itinéraire ? Le ministère disposait-il d’un mécanisme de suivi des internationaux évoluant à l’étranger ? Si la réponse est non, cette lacune mérite d’être corrigée.
Les citoyens sont également en droit de s’interroger sur le niveau de communication entre les institutions publiques et les instances sportives. Lorsqu’un pays souhaite valoriser ses ambassadeurs sportifs, il ne peut découvrir leur retour au détour d’une publication sur les réseaux sociaux. Une telle situation renvoie l’image d’institutions qui réagissent aux événements au lieu de les anticiper.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire doit servir d’électrochoc. Les athlètes qui portent les couleurs nationales méritent une reconnaissance préparée, organisée et à la hauteur de leur engagement. Ils ne devraient pas avoir à attendre qu’une polémique éclate pour que les institutions se mobilisent.
Le futur hommage annoncé par le MJSAC sera certainement apprécié. Mais il ne suffira pas à effacer la question essentielle : comment un ministère chargé des Sports a-t-il pu ignorer le retour de deux internationaux haïtiens jusqu’à ce que les réseaux sociaux le lui apprennent ? Tant qu’une réponse claire ne sera pas apportée, cette affaire restera le symbole d’un manque de coordination qui dépasse le simple protocole.
RL News
