Le parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (FUSION/PFSDH) hausse le ton contre le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une lettre publique datée du 26 juin 2026, la formation politique dénonce des consultations électorales jugées « sélectives » et met en garde contre toute tentative d’influencer le Conseil électoral provisoire (CEP). Elle réclame un dialogue inclusif et des garanties pour des élections crédibles.
Dans une lettre adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, FUSION/PFSDH fait part de sa vive inquiétude après la rencontre du 19 juin 2026 entre le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (CEP) et plusieurs représentants de partis politiques.
Selon le parti, le communiqué publié par la Primature présente cette réunion comme une avancée du processus électoral. Toutefois, FUSION estime que cette démarche ne renforce pas la confiance des acteurs politiques. Au contraire, elle donnerait l’image d’une consultation limitée à des formations proches du pouvoir.
Le parti affirme que le processus électoral ne peut être conduit dans un cercle restreint. Il rappelle que les élections engagent la souveraineté populaire, l’avenir démocratique du pays et la légitimité des futures autorités.
Des craintes d’une influence du pouvoir sur le CEP
FUSION/PFSDH estime que plusieurs questions essentielles restent sans véritable concertation. Le décret électoral, le calendrier des scrutins, les garanties de sécurité, les conditions de participation des partis et les règles du processus devraient, selon lui, faire l’objet d’un dialogue national ouvert.
Le parti affirme également craindre que le gouvernement s’appuie sur le soutien de partenaires internationaux pour accélérer un agenda électoral qui ne ferait pas l’objet d’un consensus national suffisant.
Dans sa lettre, FUSION précise que l’accompagnement de la communauté internationale ne devrait pas servir à justifier des décisions unilatérales ni des arrangements politiques internes.
Selon la formation politique, les élections doivent avant tout permettre aux Haïtiens de choisir librement leurs dirigeants dans un climat de sécurité, de transparence et d’équité.
Fusion met en garde contre une nouvelle crise politique
Le parti affirme refuser qu’une accélération du calendrier électoral conduise le pays vers une nouvelle crise institutionnelle.
Il considère que le CEP doit conserver une indépendance totale dans ses décisions et son fonctionnement. De même, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur le rétablissement de la sécurité plutôt que sur l’organisation politique du scrutin.
FUSION estime également que les partis politiques ne peuvent être réduits à un rôle symbolique. Ils doivent, selon lui, être associés de manière régulière, transparente et inclusive à toutes les discussions concernant le processus électoral.
Cinq demandes adressées au gouvernement
Dans sa correspondance, FUSION/PFSDH formule plusieurs recommandations au gouvernement :
mettre fin aux consultations politiques jugées sélectives ;
instaurer un cadre officiel de dialogue réunissant le gouvernement, le CEP, les partis politiques et les représentants de la société civile ;
garantir l’indépendance effective du Conseil électoral provisoire ;
reconnaître que la sécurité constitue une condition indispensable à la tenue d’élections crédibles ;
renoncer à toute démarche susceptible d’être perçue comme une tentative d’orienter le processus électoral.
Un appel à préserver la crédibilité des élections
En conclusion, FUSION/PFSDH affirme qu’il est encore possible d’éviter une nouvelle crise électorale. Le parti appelle le gouvernement à privilégier le consensus national plutôt qu’une logique d’accélération du processus.
La formation politique soutient que seule une élection crédible, sécurisée, transparente et inclusive permettra de sortir durablement de la transition. Elle invite enfin le Premier ministre à préserver l’intégrité du processus électoral et à placer, selon ses termes, « l’intérêt national, la souveraineté du peuple et la stabilité démocratique au-dessus des calculs politiques immédiats ».
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