JACMEL, Haïti, 18 août 2026 (RL News) — Le professeur universitaire Jacques Abraham s’est inscrit lundi sur la liste des électeurs à Jacmel, dans le Sud-Est. Mais l’ancien candidat au Sénat pour ce département s’interroge sur la capacité des autorités haïtiennes à organiser les élections annoncées pour décembre.
Jacques Abraham a effectué les démarches au bureau du Centre d’identification et de vérification (CIV). Il présente cette inscription comme un acte citoyen et démocratique.
« Je prends cette décision parce que je suis un démocrate », a-t-il déclaré devant la presse.
Malgré cette démarche, il reste sceptique sur la suite du processus. Selon lui, le lancement des opérations d’inscription ne suffit pas à garantir la tenue du scrutin dans les délais annoncés.
Il évoque notamment l’insécurité, les difficultés d’accès à certaines zones et les contraintes administratives. Ces obstacles pourraient, selon lui, compliquer l’organisation d’un scrutin national.
Des difficultés dans les sections communales
Jacques Abraham s’inquiète également des conditions d’inscription dans les sections communales. Il estime qu’une partie de la population rurale ne bénéficie pas du même accès aux services électoraux que les habitants des centres urbains.
Certains citoyens doivent parcourir de longues distances pour effectuer leurs démarches, souligne-t-il. Cette situation risque, selon lui, de créer une inégalité entre les électeurs.
« Comment garantir des élections inclusives si une partie de la population ne parvient pas à s’inscrire ? », s’interroge en substance l’universitaire.
Pour lui, les autorités doivent davantage rapprocher les services d’enregistrement des populations rurales. Le processus ne devrait pas, selon lui, se limiter aux grandes villes.
Le calendrier sous pression
L’inscription de Jacques Abraham intervient alors que les autorités haïtiennes maintiennent leur objectif d’organiser les élections avant la fin de l’année.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a fixé au 13 décembre le premier tour des élections présidentielle et législatives, ainsi que le référendum constitutionnel. Le second tour est prévu le 21 février 2027.
Mais le calendrier reste soumis à d’importants défis, notamment sécuritaires et logistiques.
Pour Jacques Abraham, la question n’est donc pas seulement de savoir si une date a été fixée. Il faut aussi s’assurer que les conditions matérielles permettent à l’ensemble des citoyens de participer au scrutin.
Son inscription traduit ainsi une position nuancée. L’ancien candidat encourage la participation démocratique tout en appelant les autorités à garantir un processus accessible et inclusif.
À quelques mois du scrutin annoncé, les interrogations restent donc nombreuses sur la capacité d’Haïti à organiser des élections crédibles et accessibles à tous.
Léger Mackenson
RL News
