Nommé à la tête de l’Office national de la migration (ONM) le 30 septembre 2019, Jean Négot Bonheur Delva dirige depuis plusieurs années une institution que beaucoup d’Haïtiens connaissaient à peine. Sous sa direction, l’ONM, autrefois discret sur l’échiquier institutionnel, a progressivement pris sa vitesse de croisière, au point de devenir aujourd’hui un poste convoité par de nombreux acteurs politiques.
Avant l’arrivée de Jean Négot Bonheur Delva, l’Office national de la migration opérait loin des projecteurs. Sa mission — encadrer les questions migratoires, accueillir les rapatriés et accompagner les déplacés internes — restait largement méconnue du grand public.
Au fil des années, le directeur général a multiplié les initiatives : tournées dans les bureaux régionaux pour évaluer leurs besoins, renforcement des capacités du personnel, organisation d’activités autour de la Journée internationale des migrants et communication régulière avec la presse lors de chaque vague de rapatriement.
Cette présence constante sur le terrain et dans les médias a contribué à donner à l’ONM une visibilité qu’elle n’avait pas auparavant. Elle a également permis de transformer une administration autrefois discrète en un acteur incontournable de la gestion migratoire du pays.
Accueillir avec dignité
Le contexte migratoire haïtien s’est considérablement complexifié ces dernières années. Aux vagues de déportations depuis les États-Unis, le Mexique, les Bahamas et d’autres pays s’ajoute une crise interne des déplacements provoquée par la violence des groupes armés.
Face à cette double pression, Jean Négot Bonheur Delva a fait de l’accueil digne des rapatriés une ligne directrice de son action. Il rappelle régulièrement que « notre mission est d’accueillir dignement les personnes rapatriées avec l’appui de l’État haïtien ».
Sous sa direction, l’ONM a mis en place des dispositifs d’assistance aux frontières et dans les aéroports. Ils comprennent notamment la prise en charge à l’arrivée, l’appui financier, la distribution de kits d’hygiène, le soutien psychologique et la coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L’institution a également renforcé le suivi des déplacés internes, dont le nombre est estimé à plus d’un million de personnes à travers le pays.
Un long mandat, gage de continuité
Peu de responsables de l’administration publique haïtienne peuvent se targuer d’une longévité comparable à la tête d’une même institution. Depuis 2019, Jean Négot Bonheur Delva a traversé plusieurs gouvernements sans que son nom soit associé à des affaires compromettantes. Une telle longévité demeure rare dans le paysage administratif haïtien, où les changements de direction sont souvent fréquents.
Cette stabilité à la tête de l’ONM lui a permis d’assurer une certaine continuité dans les projets engagés et de construire, année après année, une relation de confiance avec ses partenaires internationaux, notamment l’OIM.
Des défis qui demeurent
Cette longévité et cette visibilité accrue ne doivent cependant pas occulter l’ampleur des défis auxquels l’ONM continue de faire face.
L’explosion du nombre de déplacés internes ces dernières années, conjuguée à l’augmentation des vols de rapatriement en provenance des États-Unis, met l’institution sous forte pression. Plusieurs voix de la société civile continuent ainsi de réclamer davantage de moyens et de résultats sur le terrain.
Jean Négot Bonheur Delva lui-même reconnaît régulièrement, dans ses interventions publiques, que « de nombreux défis persistent » et que les avancées nécessitent une mobilisation collective accrue.
Entre gestion des flux migratoires, accompagnement des rapatriés et suivi des déplacés internes, Jean Négot Bonheur Delva a contribué à faire de l’Office national de la migration une institution que l’on ne peut plus ignorer.
Sa longévité à ce poste, rare dans l’administration publique haïtienne, illustre à la fois la confiance que lui accordent les autorités successives et l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour répondre pleinement aux attentes des migrants et des déplacés du pays.
La Rédaction
