L’ambassadeur d’Haïti en Afrique du Sud, Jean R. Pillard, a présenté lundi à l’Université de Johannesburg une conférence consacrée à Bois Caïman et à l’héritage de la Révolution haïtienne. Il a appelé à dépasser l’image d’un Haïti réduit aux crises pour mieux reconnaître sa contribution à l’histoire de la liberté.
Johannesburg, 25 août 2026.- L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Haïti en Afrique du Sud, Jean R. Pillard, a consacré sa conférence à la portée historique de la cérémonie de Bois Caïman, considérée comme l’un des moments fondateurs de la Révolution haïtienne. Il intervenait lundi 24 août à l’Université de Johannesburg, dans le cadre d’une conférence académique.
Dans son intervention, le diplomate a replacé Bois Caïman dans le contexte de Saint-Domingue à la fin du XVIIIᵉ siècle. La colonie française était alors l’une des plus riches du monde grâce à la production de sucre, de café, d’indigo et de coton. Cette prospérité reposait cependant sur l’exploitation de centaines de milliers d’Africains réduits en esclavage.
Jean R. Pillard a présenté Bois Caïman comme un moment de convergence entre des populations africaines d’origines diverses. Selon lui, ces hommes et ces femmes ont progressivement transformé leurs différences en une force commune autour d’une même aspiration : la liberté. Il estime que cette dynamique a contribué à rendre possible la Révolution haïtienne.
L’ambassadeur a également souligné la portée internationale de cette révolution. L’insurrection déclenchée en 1791 a conduit à la défaite de l’armée napoléonienne à Vertières, le 18 novembre 1803, puis à la proclamation de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 1804. Haïti est ainsi devenue la première République noire indépendante et le premier État moderne issu d’une révolution victorieuse d’esclaves.
Pour Jean R. Pillard, l’héritage de Bois Caïman dépasse toutefois la seule histoire haïtienne. Il a établi un parallèle entre Haïti et l’Afrique du Sud, deux pays dont les histoires sont marquées par des luttes contre des systèmes ayant nié les droits et la dignité de millions de personnes.
Le diplomate a notamment insisté sur la nécessité de transformer la mémoire historique en action. Il a appelé les nouvelles générations à faire de la liberté un moyen de construire davantage de justice, d’éducation, de développement et de prospérité.
Jean R. Pillard a par ailleurs dénoncé la tendance à réduire Haïti à ses crises, à la pauvreté, à la violence ou aux catastrophes naturelles. Il a estimé que cette vision occulte la contribution historique du pays à l’élargissement de la conception universelle de la liberté.
À l’approche de la commémoration de la bataille de Vertières, l’ambassadeur a enfin invité les jeunes générations à s’interroger sur leur propre responsabilité face aux injustices contemporaines.
« Bois Caïman » demeure ainsi, selon lui, un symbole de courage et d’imagination politique. Plus de deux siècles après la Révolution haïtienne, son message reste d’actualité : une transformation historique peut commencer lorsque des hommes et des femmes refusent d’accepter une injustice comme une fatalité.
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