La Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains (LHDDH) tire la sonnette d’alarme face à la montée des violences armées en Haïti. Dans une note de dénonciation, l’organisation accuse les gangs de la coalition « Viv Ansanm » de multiplier les attaques contre les civils. Elle appelle les autorités à renforcer les moyens de la Police nationale d’Haïti (PNH) afin de freiner l’expansion des groupes armés.
Une population civile prise au piège des violences
La LHDDH affirme que les affrontements entre groupes criminels continuent de plonger plusieurs régions du pays dans la peur. Hommes, femmes, enfants et personnes en situation de handicap figurent parmi les principales victimes de cette vague de violence.
Selon l’organisation, des milliers de familles ont dû abandonner leurs maisons dans des conditions jugées « inhumaines et dégradantes ». Cette situation aggrave davantage la crise humanitaire qui secoue déjà le pays.
La Ligue condamne les exécutions sommaires, les incendies criminels, les pillages et les menaces permanentes exercées contre les populations civiles. Elle souligne également que plusieurs gangs terrorisent aujourd’hui les mêmes communautés dont ils sont issus.
La LHDDH indique toutefois que des interventions récentes de la PNH ont permis de repousser certains groupes armés. Des bandits auraient abandonné plusieurs zones sous la pression policière.
L’Artibonite et la Plaine du Cul-de-Sac sous tension
À travers ses enquêteurs déployés sur le terrain, la LHDDH affirme avoir constaté l’ampleur des affrontements armés dans différentes régions du pays.
Dans le département de l’Artibonite, les offensives des groupes criminels se poursuivent. L’organisation souligne cependant un renforcement des capacités de la PNH. Le département, qui ne disposait auparavant que de quatre véhicules blindés, en compte désormais dix-neuf.
Dans la Plaine du Cul-de-Sac, les combats entre gangs rivaux ont provoqué d’importantes pertes humaines. Plusieurs maisons ont été incendiées dans les localités de Fourgy, Jameau, Leurebourg, Duvivier, Pierre 6, Terre Noire, Barrière-Fer et Sarthe.
La Ligue estime que ces violences plongent des milliers de familles dans la détresse et le désespoir.
Des interrogations autour du climat politique
La LHDDH affirme également observer une recrudescence de l’insécurité lors des périodes marquées par des débats politiques majeurs, notamment autour de l’organisation des élections.
L’organisation évoque l’existence possible de « secteurs puissants » ou d’« intérêts occultes » qui chercheraient à maintenir le pays dans l’instabilité afin d’empêcher le retour à la paix et la tenue d’élections crédibles.
Face à cette situation, la Ligue appelle les autorités à identifier et poursuivre toutes les personnes impliquées dans le financement, la coordination ou la manipulation de l’insécurité en Haïti.
La LHDDH appelle à une mobilisation nationale
La LHDDH encourage la Police nationale d’Haïti à poursuivre ses opérations contre les groupes armés. Elle demande aussi au gouvernement de fournir davantage de moyens matériels, logistiques et financiers aux forces de l’ordre.
L’organisation salue notamment les opérations menées récemment au centre-ville de Port-au-Prince. Selon elle, le déblaiement de plusieurs axes routiers a permis de rétablir progressivement certaines activités dans la capitale.
Enfin, la Ligue réaffirme qu’une Haïti stable et respectueuse des droits humains reste possible. Elle appelle l’ensemble des secteurs nationaux à assumer leurs responsabilités afin de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans le pays.
RL News
