Le Rassemblement National des Forces Organisées (RANFOR) a publié, le 8 juin 2026, une note de protestation dénonçant ce qu’il qualifie d’arrestation arbitraire et de séquestration de son coordonnateur général, Me Iswick Théophin. L’organisation accuse des agents de la Police nationale d’Haïti d’avoir agi dans le cadre d’une stratégie d’intimidation visant les mouvements contestataires.
Dans une note adressée à l’opinion publique nationale et internationale, le RANFOR affirme que son coordonnateur général, Me Iswick Théophin, a été victime d’actes d’intimidation et d’abus de pouvoir dans la nuit du 4 au 5 juin 2026.
Selon l’organisation, des policiers affectés au commissariat de Pétion-Ville auraient procédé à son interpellation avant de le conduire au poste de police. Le mouvement précise également que l’avocat aurait été privé de son arme à feu, pourtant légalement détenue.
Le RANFOR soutient que l’intervention rapide de plusieurs confrères avocats a permis d’éviter une détention prolongée. Sans cette mobilisation, Me Théophin aurait pu rester en garde à vue pour une durée indéterminée, affirme l’organisation.
Une manœuvre contre les mouvements de contestation ?
Pour le RANFOR, cet incident dépasse le cadre d’une simple opération policière. Le regroupement estime qu’il s’inscrit dans une campagne d’intimidation dirigée contre les organisations qui réclament le départ des dirigeants actuellement au pouvoir.
L’organisation considère qu’elle figure parmi les principales forces de mobilisation contre ce qu’elle décrit comme une mauvaise gouvernance. Dès lors, elle juge que les pressions exercées contre son coordonnateur viseraient à affaiblir les revendications populaires.
Par ailleurs, le mouvement critique l’attitude du commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval. Celui-ci est accusé d’avoir tenté de justifier ou de prolonger la mesure contestée, plutôt que de corriger les irrégularités dénoncées.
Le RANFOR pointe également du doigt le comportement du bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince. Selon l’organisation, ce dernier n’aurait pas pleinement assuré la protection des droits d’un membre du barreau confronté à une situation jugée arbitraire.
Des inquiétudes sur l’état de droit
Le regroupement s’interroge sur les circonstances dans lesquelles un avocat peut être privé de liberté sans qu’aucune infraction précise ne lui soit officiellement reprochée.
Selon le RANFOR, cette affaire soulève de sérieuses préoccupations concernant le respect des libertés fondamentales et l’état de droit en Haïti.
L’organisation demande ainsi au président de la Fédération des Barreaux d’Haïti de se saisir du dossier. Elle souhaite également que les responsables du Barreau de Port-au-Prince soient rappelés à leurs obligations en matière de protection des avocats.
Une comparution au parquet et des actions judiciaires envisagées
Le RANFOR indique qu’une invitation a été adressée à Me Iswick Théophin pour se présenter au parquet de Port-au-Prince le 8 juin 2026 à 13 heures.
Les avocats de l’organisation annoncent qu’ils accompagneront leur coordonnateur afin d’obtenir des explications sur la nature exacte des accusations ou des infractions qui pourraient lui être reprochées.
Enfin, le mouvement affirme se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires contre toutes les personnes et institutions qu’il juge impliquées dans cette affaire. Parmi elles figurent la Primature, le commissaire du gouvernement concerné, le commissaire de police de Pétion-Ville ainsi que les agents ayant participé à l’interpellation de Me Théophin.
Le RANFOR conclut en réaffirmant son engagement en faveur des libertés publiques, de la démocratie, de l’État de droit et de la défense des intérêts du peuple haïtien.
RL News
