Alors que les autorités de transition affichent leur volonté d’organiser des élections, l’ingénieur en systèmes électoraux Alex St-Gardien Jecrois appelle à la prudence. Depuis Silver Spring, dans le Maryland, il estime que plusieurs failles institutionnelles majeures demeurent. Selon lui, sans audit, sans sécurisation du système électoral et sans inclusion des populations déplacées, le processus risque de perdre sa crédibilité.
Le débat sur l’avenir politique d’Haïti continue de s’intensifier. Dans ce contexte, l’ingénieur en systèmes électoraux Alex St-Gardien Jecrois plaide pour une approche fondée sur la responsabilité et la transparence.
Selon lui, les citoyens doivent aller au-delà du simple soutien aux dirigeants. Ils doivent également exiger des résultats concrets et une véritable reddition de comptes.
« Les applaudissements ne peuvent pas remplacer une gouvernance responsable », affirme-t-il.
Cette déclaration intervient alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé son engagement à rétablir la sécurité, relancer l’économie et organiser des élections crédibles.
Toutefois, pour Alex St-Gardien Jecrois, plusieurs questions demeurent sans réponse. Il estime que l’écart entre les engagements publics et certaines réalités institutionnelles suscite des inquiétudes légitimes.
ONI, CEP et système électoral : des préoccupations persistantes
L’expert attire notamment l’attention sur l’état des institutions chargées d’encadrer le processus électoral.
Selon lui, l’Office National d’Identification (ONI) et le Conseil Électoral Provisoire (CEP) doivent faire l’objet d’un examen rigoureux avant toute avancée vers les urnes.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent l’absence d’un audit indépendant de la base de données de l’ONI et les risques liés aux doublons ou aux incohérences identitaires.
L’ingénieur évoque également les controverses entourant certains décrets relatifs au CEP. Ces débats alimentent, selon lui, les interrogations sur l’indépendance de l’institution et sur la cohérence du cadre juridique.
À cela s’ajoute la question des personnes déplacées internes. Des milliers d’Haïtiens ont dû quitter leur lieu de résidence en raison de l’insécurité. Pourtant, leur participation au futur scrutin reste encore peu définie.
Autre sujet d’inquiétude : la sécurisation de l’architecture électorale.
« Une réingénierie complète du système devrait être envisagée avant l’organisation des élections », soutient-il.
Le risque d’une crise de confiance
Pour Alex St-Gardien Jecrois, la rapidité du calendrier électoral ne doit pas primer sur l’intégrité du processus.
Il met en garde contre toute tentative d’accélérer les échéances sans corriger les vulnérabilités identifiées.
Selon lui, des élections organisées dans ces conditions pourraient fragiliser davantage la confiance des citoyens envers les institutions.
L’ingénieur s’inquiète également d’un relâchement de l’attention publique face à ces enjeux. Alors que l’actualité internationale mobilise souvent l’opinion, les défis structurels auxquels Haïti est confrontée continuent de s’aggraver.
« Ignorer ces réalités aujourd’hui pourrait conduire à une crise plus profonde demain », prévient-il.
Un appel à des élections crédibles et inclusives
En conclusion, Alex St-Gardien Jecrois rappelle que la réussite d’un processus électoral repose avant tout sur la crédibilité des institutions.
Pour lui, la transparence, l’audit des systèmes, l’inclusion de tous les électeurs et la sécurisation des infrastructures doivent constituer les fondements de toute consultation populaire.
« Le peuple haïtien mérite plus que des promesses. Il mérite un processus crédible, audité, inclusif et sécurisé », conclut l’ingénieur en systèmes électoraux.
Alex St-Gardien Jecrois est ingénieur en systèmes électoraux. Il s’exprimait depuis Silver Spring, dans l’État du Maryland, aux États-Unis.
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