Dans une lettre ouverte datée du 11 mai à Port-au-Prince, Jean André Victor, coordonnateur du Groupe d’initiative, appelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à prendre des mesures urgentes pour éviter « l’effondrement » de la société haïtienne. Le texte évoque la crise sécuritaire, le blocage des routes nationales et la fermeture de l’aéroport international de Port-au-Prince.
L’auteur de la lettre estime que la situation actuelle menace directement l’existence même de l’État haïtien. Selon lui, certains dégâts pourraient devenir irréversibles, notamment la perte de vies humaines, l’affaiblissement de la cohésion nationale et la dégradation de la biodiversité.
Il demande au chef du gouvernement d’agir « toutes affaires cessantes » afin de freiner l’aggravation de la crise. Le document insiste notamment sur la nécessité de rouvrir les routes nationales ainsi que l’aéroport international de Port-au-Prince avant le 13 juin 2026.
L’auteur considère cette échéance comme symbolique, en raison de l’entrée en lice d’Haïti dans la Coupe du monde de football 2026. Il affirme que la population ne peut plus supporter les difficultés actuelles.
Une situation sécuritaire jugée alarmante
La lettre décrit également une forte détérioration de la sécurité dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite. L’auteur affirme que plusieurs zones seraient désormais sous le contrôle de groupes armés.
Par ailleurs, il évoque le départ progressif de certaines entreprises privées de Port-au-Prince vers le Nord-Est du pays. Selon lui, cette dynamique fragilise davantage l’économie nationale.
Le texte appelle aussi les autorités à mettre fin aux « subventions sordides » et aux « contrats léonins ». En parallèle, il demande la réouverture rapide des principaux axes routiers et des infrastructures aéroportuaires.
Le spectre d’une explosion sociale
Dans cette correspondance, Jean André Victor avertit qu’en l’absence de mesures concrètes avant le 13 juin, le pays pourrait se diriger vers « une explosion sociale de haute intensité ».
Il estime toutefois que la désobéissance civile constitue « la meilleure forme de résistance » pour parvenir à une solution durable à la crise actuelle.
La lettre se conclut par un appel au patriotisme et à la responsabilité des dirigeants face à ce que l’auteur qualifie de « déchéance historique » du peuple haïtien.
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