De violents affrontements entre groupes armés ont provoqué, dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 mai 2026, un déplacement massif de population dans la Plaine du Cul-de-Sac. Des milliers d’habitants ont trouvé refuge devant le parc industriel de la SONAPI, au marché de Trois-Mains et dans plusieurs zones voisines, dans des conditions précaires.
Une nuit de panique dans plusieurs quartiers
La violence armée a de nouveau frappé la Plaine du Cul-de-Sac. Des affrontements entre groupes rivaux ont éclaté durant plusieurs heures dans les quartiers de Duvivier, Martial et Sarthe.
Selon des témoignages recueillis sur place, des tirs nourris ont atteint plusieurs habitations. Des actes d’incendie ont également été signalés dans certaines zones. Face à l’intensité des combats, des familles ont fui en urgence, souvent avec peu d’effets personnels.
Des milliers de personnes se sont alors dirigées vers les abords du parc industriel de la SONAPI. Parmi elles figuraient des femmes, des enfants, des personnes âgées et des femmes enceintes. Beaucoup ont passé la nuit à même le sol, faute d’abris disponibles.
Ce lundi matin, plusieurs familles cherchaient encore un endroit sécurisé pour se protéger des violences qui persistaient dans certains secteurs de la Plaine du Cul-de-Sac. Les déplacés ont quitté leurs quartiers à pied, en motocyclette, en transport en commun ou à bord de véhicules privés.
Le marché de Trois-Mains transformé en refuge improvisé
D’autres habitants ont trouvé refuge au marché de Trois-Mains ainsi qu’aux abords du sous-commissariat de la zone. Les conditions d’accueil restaient particulièrement difficiles.
Des déplacés, parfois pieds nus et sans assistance immédiate, ont été aperçus dans le secteur. Certains ont dormi à l’intérieur du marché, tandis que d’autres se sont installés dans des camionnettes de transport transformées en abris de fortune.
Par ailleurs, les violences ont fortement perturbé les activités commerciales. Habituellement très fréquenté, le marché de Trois-Mains était presque désert ce lundi. La majorité des commerçants ont préféré ne pas se présenter, même si quelques vendeurs ont maintenu une présence limitée.
Transport perturbé et déploiement policier
La tension demeurait également élevée au carrefour de Trois-Mains. Le transport en commun reliant notamment Gérald Bataille et Village Solidarité a été perturbé par l’insécurité.
Plusieurs chauffeurs ont suspendu leurs trajets. D’autres continuaient toutefois à circuler de manière réduite, malgré les risques persistants.
En réponse à cette nouvelle flambée de violence, des blindés de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont été déployés au carrefour Drouillard et au carrefour Vincent. En fin de matinée, l’impact de ce dispositif sécuritaire sur les zones les plus affectées restait encore difficile à évaluer.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
La recrudescence des affrontements armés dans la Plaine du Cul-de-Sac continue d’aggraver la crise humanitaire dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Ces nouvelles violences provoquent des déplacements massifs de population et accentuent la précarité de milliers de familles déjà fragilisées par l’insécurité chronique.
RL News
