PORT-AU-PRINCE, 30 août 2026.— Une proposition de politique nationale de sécurité préconise une nouvelle approche face à la crise sécuritaire en Haïti. Elle appelle à ne plus cibler uniquement les hommes armés, mais à démanteler l’ensemble de l’écosystème qui les arme, les finance et les protège.
Le document, préparé par le théologien et stratège politique Rèv. Dony Dessam, estime que la crise représente désormais une menace pour l’État, la souveraineté nationale, le territoire et les droits fondamentaux. Il souligne que les groupes armés disposent de ressources financières, d’armes, de renseignements et de moyens logistiques dépassant ceux de la criminalité ordinaire.
La stratégie proposée repose notamment sur cinq priorités : couper les armes, couper l’argent, couper les protections, reprendre le territoire et rétablir l’État. Elle préconise la création d’une cellule nationale chargée de lutter contre le trafic d’armes et de munitions, avec un traçage systématique des armes saisies et un renforcement du contrôle des ports, des aéroports et des frontières.
Le texte recommande également de remonter les circuits financiers liés aux enlèvements, aux extorsions, au trafic d’armes et de stupéfiants ainsi qu’au blanchiment d’argent. Il propose de renforcer les capacités permettant de geler et saisir, sous contrôle judiciaire, les avoirs provenant du crime organisé.
Autre mesure phare : la création d’une commission indépendante chargée d’enquêter sur le financement, l’armement et la protection des organisations criminelles. Les investigations pourraient concerner, sur la base de preuves, des responsables politiques, des entrepreneurs, des fonctionnaires, des policiers, des douaniers ou des intermédiaires financiers.
La proposition accorde aussi un rôle accru aux Forces armées d’Haïti (FAd’H) dans la protection du territoire, des frontières, des côtes, des ports et des infrastructures stratégiques. La Police nationale d’Haïti resterait l’institution centrale pour la sécurité publique, le maintien de l’ordre et les enquêtes criminelles.
Le document préconise par ailleurs la création d’un commandement de surveillance des frontières terrestres et maritimes, ainsi qu’un programme pluriannuel de modernisation des FAd’H, incluant la formation, le renseignement, les communications sécurisées, la mobilité et la surveillance maritime.
La stratégie prévoit enfin une action en trois temps : étouffer l’écosystème criminel, reconquérir les territoires et stabiliser puis reconstruire les zones libérées. Le retour de l’État devrait s’accompagner de la réinstallation des services publics, de la justice, de l’éducation, de la santé et des activités économiques.
Le document appelle également à une coopération internationale renforcée contre les réseaux d’armes et de capitaux illicites, tout en défendant une plus grande autonomie des institutions haïtiennes. Son objectif final est la restauration de l’autorité de l’État, la reconquête du territoire et la pleine souveraineté de la République d’Haïti.
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