Le leader d’ANFÒS pou Ayiti met en doute la faisabilité du calendrier électoral. Il dénonce l’insécurité, l’absence d’égalité entre les candidats et l’influence du pouvoir sur le processus.
PORT-AU-PRINCE, 5 septembre 2026 — Le calendrier électoral haïtien est déjà contesté par certains acteurs politiques. Walsonn Sanon, leader de la plateforme ANFÒS pou Ayiti et potentiel candidat à la présidentielle sous la bannière du groupement ANFÒS pou Sove Lònè, estime que le scrutin prévu le 13 décembre est irréalisable dans les conditions actuelles.
« Le 13 décembre est mathématiquement impossible pour la tenue d’élections en Haïti », affirme-t-il.
L’insécurité au cœur des inquiétudes
Pour Walsonn Sanon, les conditions objectives nécessaires à l’organisation d’un scrutin crédible ne sont pas réunies. Il pointe en particulier la situation sécuritaire.
Selon lui, les autorités ne sont pas en mesure de garantir la sécurité des électeurs et des centres de vote le jour du scrutin.
« Le gouvernement ne peut donner aucune garantie pour que, le jour du vote, les bandits ne s’emparent des centres de vote et ne massacrent la population », soutient le responsable politique.
Cette situation rendrait, selon lui, particulièrement risquée la tenue d’élections dans plusieurs zones du pays.
Sanon dénonce une compétition déséquilibrée
Le leader d’ANFÒS pou Ayiti met également en cause le rôle du gouvernement dans le processus électoral. Il reproche au pouvoir de disposer de sa propre plateforme politique tout en contrôlant les ressources de l’État.
Une situation qui, à ses yeux, compromet l’égalité entre les candidats.
« Les autres candidats ne disposent de rien. Il n’y a pas d’égalité de chances », dénonce-t-il.
Walsonn Sanon critique également certains acteurs politiques qui, selon lui, évitent de dénoncer ces déséquilibres en raison de leurs liens avec le pouvoir. Il évoque notamment ceux qui occupent des ministères ou des directions générales, ainsi que ceux qui espéreraient obtenir des postes en échange de leur soutien.
Un avertissement au CEP
Le responsable politique demande au Conseil électoral provisoire (CEP) de tenir compte des inquiétudes exprimées par les partis.
Il estime que l’institution électorale devrait « ralentir sa course » et engager davantage de consultations avec les acteurs politiques.
Pour Sanon, persister dans un processus mal préparé pourrait avoir des conséquences politiques importantes. Il redoute notamment que les difficultés rencontrées servent ensuite de justification au gouvernement pour reporter le scrutin à répétition.
L’objectif serait alors, selon lui, de prolonger la période de transition et de maintenir les autorités en place.
Une nouvelle transition avant les élections
Face à cette situation, Walsonn Sanon propose une autre voie. Il plaide pour la mise en place d’une nouvelle équipe neutre à la tête de la transition.
Cette équipe aurait pour mission de créer les conditions politiques et sécuritaires nécessaires à l’organisation d’élections crédibles.
Selon lui, après cette réorganisation, le pays pourrait organiser les élections dans un délai de 10 à 12 mois.
Le calendrier officiel prévoit actuellement le premier tour de la présidentielle et des législatives le 13 décembre 2026, suivi d’un second tour le 21 février 2027. La faisabilité de ce calendrier demeure cependant au centre des préoccupations de plusieurs acteurs politiques, dans un contexte marqué par une forte insécurité et de profondes divisions autour de la transition.
RL News
