La Fondasyon Je Klere demande aux Nations unies d’encadrer juridiquement l’appui salvadorien. Elle réagit à la lettre du chef de gang Wilson Joseph adressée au secrétaire général de l’ONU.
PORT-AU-PRINCE, 5 novembre 2026 (RL News Haïti) – La Fondasyon Je Klere (FJKL) invite le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité de l’ONU à agir en faveur de la mise en place d’un cadre de coopération militaire et sécuritaire entre Haïti et le Salvador, dans le respect des droits humains. Cette prise de position fait suite à une lettre adressée à António Guterres par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang 400 Mawozo.
Dans cette lettre, le chef de gang sollicite une médiation de l’ONU et affirme que les menaces du président salvadorien, Nayib Bukele, risquent de provoquer une escalade de la violence. L’ONU a confirmé avoir reçu le courrier, tout en précisant que cette réception n’impliquait ni une reconnaissance de son auteur ni un soutien à son contenu (Fox News, Listín Diario).
Pour la FJKL, cette démarche constitue une manœuvre. L’organisation affirme que Viv Ansanm, dont fait partie le gang 400 Mawozo, n’est pas un groupe armé non étatique respectueux du droit international humanitaire, mais une organisation terroriste. Elle évoque notamment les attaques contre les civils, les enlèvements, les viols, l’incendie de 98 commissariats et de quatre prisons, ainsi que le déplacement de près de 1,5 million de personnes.
La FJKL fait valoir que ces crimes relèvent de la compétence universelle. Leurs auteurs pourraient donc être poursuivis au Salvador ou dans tout autre pays membre de l’ONU sur le territoire duquel ils seraient retrouvés.
Elle demande également à l’ONU d’aider Port-au-Prince et San Salvador à définir les modalités suivantes :
Le statut des militaires engagés dans cette coopération ainsi que la durée de leur mission ;
Le recrutement et la formation de jeunes soldats haïtiens ;
L’organisation de procès pour les crimes graves ;
Le renforcement des tribunaux et des établissements pénitentiaires.
La FJKL reconnaît que les méthodes employées par Nayib Bukele suscitent des inquiétudes chez certains partenaires internationaux. Elle estime toutefois qu’un cadre juridique approprié permettrait de concilier la lutte contre les gangs et le respect des droits humains, avec l’expertise de l’ONU et le concours des organisations locales.
Enfin, l’organisation exhorte le gouvernement haïtien à résilier le contrat conclu avec les mercenaires étrangers, dont elle juge les résultats inexistants après près de vingt mois d’intervention. Elle propose de réaffecter les fonds concernés à la formation à grande échelle de soldats haïtiens, avec l’appui des Salvadoriens.
Contexte. Le 18 octobre, quatre Salvadoriens engagés au sein de la Force de répression des gangs (FRG) ont été enlevés. Le Salvador a ensuite déployé plus de 2 000 militaires en Haïti, en dehors du cadre de la FRG. Wilson Joseph fait l’objet d’une inculpation aux États-Unis pour prise d’otages. Une récompense pouvant atteindre un million de dollars est également offerte pour toute information permettant sa capture.
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