Massillon Jean est mort sans qu’aucune ambulance ne vienne à son secours. Le maire de Kenscoff a été terrassé par un malaise. Personne n’a pu l’évacuer. Les tentatives de réanimation ont échoué.
Il faut le dire sans détour. Dans ce pays, un premier magistrat communal peut s’effondrer sans qu’un véhicule médicalisé soit disponible. Que reste-t-il alors pour le citoyen ordinaire ?
Rien n’établit, à ce stade, un lien entre l’absence d’ambulance et le décès. La cause médicale demeure inconnue. Mais la question de fond, elle, est posée. Comment une commune en guerre contre les gangs peut-elle ne disposer d’aucun moyen d’urgence ? Qui répond de cette carence ?
Massillon Jean ne reculait pas. Aux côtés de la police et des brigadiers, il affrontait les gangs sans relâche. À plusieurs reprises, il a frôlé la mort. Il a survécu aux balles. Il n’a pas survécu à un malaise, faute de secours.
Il part sans avoir vu Kenscoff débarrassée des bandes armées. La dernière attaque a fait plus d’une centaine de morts dans sa commune. Le combat n’est pas terminé. Celui qui le menait n’est plus là.
L’État a laissé son maire mourir sans ambulance. Cela ne devrait pas rester sans réponse.
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