À moins de cinq ans de l’échéance fixée par les Nations unies, Haïti est loin d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). C’est le constat dressé par une étude de l’Université Populaire des Palmes, qui met en lumière les profondes difficultés du pays dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité, de l’économie, de l’environnement et des services publics.
Selon cette recherche, menée en partenariat avec MEDIC Haïti et le Mouvement Point Final, les indicateurs nationaux montrent que le pays accuse un retard important sur la quasi-totalité des 17 Objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies pour la période 2015-2030. Les auteurs estiment que, sans réformes majeures, Haïti risque de reproduire l’échec enregistré avec les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
Un diagnostic préoccupant sur l’état du pays
L’étude passe en revue chacun des 17 ODD et décrit un pays confronté à une accumulation de crises. Les chercheurs évoquent notamment la persistance de la pauvreté, l’insécurité alimentaire, les difficultés d’accès aux soins de santé, les faiblesses du système éducatif, le manque d’accès à l’eau potable et les déficits en matière d’assainissement.
Les auteurs considèrent que ces difficultés trouvent leur origine dans une gouvernance insuffisamment efficace, une planification limitée des politiques publiques et une instabilité qui freine les investissements et le développement du pays.
L’insécurité identifiée comme un frein majeur au développement
Le rapport souligne également l’impact de la crise sécuritaire sur les perspectives de développement. Selon les chercheurs, l’expansion des groupes armés perturbe les activités économiques, limite la circulation des personnes et des marchandises et affecte le fonctionnement de plusieurs services publics.
L’étude estime que cette situation compromet la production agricole, le commerce intérieur, l’attractivité économique ainsi que la mise en œuvre de plusieurs politiques publiques.
Des défis environnementaux jugés critiques
Les chercheurs alertent également sur la dégradation accélérée de l’environnement. Ils évoquent notamment la déforestation, l’érosion des sols, la pollution des cours d’eau et des espaces marins, ainsi que les effets du changement climatique sur les ressources naturelles.
Selon l’étude, ces phénomènes fragilisent davantage les conditions de vie de la population et réduisent les capacités de résilience du pays face aux catastrophes naturelles.
Éducation, santé et économie au cœur des recommandations
Le document formule également plusieurs constats concernant l’éducation, la santé, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’accès à l’énergie, l’industrialisation, l’emploi et la réduction des inégalités.
Les auteurs plaident pour une réforme profonde des politiques publiques afin de renforcer les institutions, améliorer la gouvernance et favoriser une croissance économique durable. Ils estiment également que la coopération internationale devra s’inscrire dans une logique de développement à long terme plutôt que d’assistance ponctuelle.
Un appel à agir avant l’échéance de 2030
À travers cette étude, l’Université Populaire des Palmes appelle à une mobilisation des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile et des partenaires internationaux afin d’accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.
Intitulée « Diagnostic du sous-développement d’Haïti », cette recherche a été rédigée par Ulysse Jean Chenet, responsable des recherches à l’Université Populaire des Palmes. Les auteurs espèrent que leurs conclusions contribueront au débat national sur les politiques de développement et les priorités à adopter d’ici à 2030.
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