Le Mouvement Nou Bouke conteste le calendrier électoral publié le 27 juillet par le Conseil électoral provisoire (CEP), qui fixe au 13 décembre 2026 le premier tour des élections présidentielle et législatives ainsi que la consultation sur les changements proposés à la Constitution.
Dans une note de presse publiée le 31 juillet, le mouvement estime que ce calendrier ne tient pas suffisamment compte de la situation sécuritaire en Haïti. Il souligne notamment le contrôle ou l’influence de groupes armés sur une grande partie de Port-au-Prince et dans certaines zones de l’Artibonite et du Centre.
Pour Nou Bouke, plusieurs questions restent en suspens : la sécurité des électeurs et des candidats, l’ouverture des bureaux de vote, la circulation du matériel électoral et la capacité à garantir un scrutin crédible.
La diaspora au cœur des critiques
Nou Bouke dénonce également l’absence, dans le calendrier électoral, de mécanisme permettant aux Haïtiens vivant à l’étranger de participer au vote depuis leur pays de résidence.
Le mouvement réclame notamment l’installation de bureaux de vote dans les ambassades et consulats, ainsi que la mise en place d’un mécanisme sécurisé de vote à distance.
Il demande aussi au CEP d’engager une consultation avec les organisations représentatives de la diaspora.
Un poids économique mis en avant
Pour justifier sa demande, Nou Bouke rappelle l’importance de la diaspora dans l’économie haïtienne. Selon les chiffres cités dans sa note, les transferts de la diaspora ont atteint 4,11 milliards de dollars en 2024, soit environ 16,9 % du PIB d’Haïti.
Le mouvement estime ainsi que l’absence de mécanisme de vote pour les Haïtiens de l’étranger constitue une atteinte à l’inclusivité et à la représentativité du processus électoral.
Nou Bouke demande enfin au CEP de publier un plan crédible de sécurisation du scrutin dans les zones contrôlées ou menacées par les groupes armés.
Pour le mouvement, les élections ne pourront être considérées comme libres, inclusives et crédibles que si les conditions de sécurité sont réunies et si l’ensemble des Haïtiens, y compris ceux vivant à l’étranger, peut participer au processus démocratique.
RL News
